La loi du plus fort semble et la menace semble être la méthode préférée de Donald Trump qui depuis son arrivée au pouvoir il y a une année fait fi des accords bi-latéraux et du droit international. Quelques jours après avoir kidnappé un président en exercice, le président vénézuelien, Nicolas Maduro, voici que Donald Trump exprime sa volonté de prendre le contrôle du Groenland pour des raisons stratégiques, il glisse considérer toutes les options, même militaires.
Des mots chocs au nom du besoin stratégique des États-Unis. Washington a une base militaire à Pittufik et la surveillance des pôles est devenue plus que jamais stratégique avec le réchauffement climatique. Le Groenland regorge également de minerais et de terres rares qui intéressent les Etats-Unis.
Comme à son habitude, ces déclarations menaçantes doivent servir à obtenir des aménagements, comme une présence militaire et industrielle plus importante. Selon le journal britannique The Economist, Washington est déjà en train de préparer un accord avec les autorités du Groenland, région autonome qui dépend du Danemark.
Réactions timorées des Européens
Les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Pologne, de l’Espagne, du Royaume-Uni et du Danemark ont réaffirmé mardi, dans une déclaration commune, que la sécurité de l’Arctique constituait une priorité stratégique pour l’Europe et pour la stabilité internationale, rappelant que “le Groenland appartient à son peuple”.
Les signataires rappellent que l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) a “clairement indiqué que la région arctique était une priorité”. Le communiqué précise par ailleurs que “le Royaume du Danemark, y compris le Groenland, fait partie de l’OTAN”, inscrivant l’île dans le cadre de la défense collective.
La réaction est très diplomatique, car l’Union européenne a besoin de Washington sur le dossier ukrainien. Kiev a besoin des compétences américaines en termes d’informations militaires. L’UE a besoin du soutien américain à Kiev car les 27 ne peuvent remplacer le vide que laisserait le retrait américain dans ce dossier.
Même des Républicains américains sont choqués
Les méthodes de cow-boy du président américain créent le malaise même dans son camp. Des sénateurs républicains et démocrates ont exhorté mardi l'administration Trump à respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale du Danemark, affirmant que toute tentative de pression sur un allié de l'OTAN compromettrait les principes d'autodétermination de l'Alliance.
La démocrate Jeanne Shaheen et le républicain Thom Tillis, coprésidents du Groupe d'observation bipartisan du Sénat sur l'OTAN, ont déclaré dans un communiqué conjoint que le Danemark était un allié fiable, citant son soutien militaire après les attentats du 11 septembre et la récente augmentation de ses dépenses de défense.
“Lorsque le Danemark et le Groenland affirment clairement que le Groenland n'est pas à vendre, les États-Unis doivent honorer leurs obligations conventionnelles et respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale du Royaume du Danemark”, indique le communiqué.













