POLITIQUE
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Maduro arrêté : tempête diplomatique et convoitises sur l’or noir vénézuélien
Le Conseil de sécurité des Nations unies tiendra une session d’urgence lundi, suite à l’action militaire menée par les États-Unis au Venezuela.
Maduro arrêté : tempête diplomatique et convoitises sur l’or noir vénézuélien
Photo du président vénézuélien "Nicolas Maduro à bord de l'USS Iwo Jima" tel que décrit par le président américain Donald Trump / Reuters
4 janvier 2026

L’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines a provoqué une onde de choc diplomatique à l’échelle mondiale. Washington affirme vouloir encadrer temporairement une transition politique au Venezuela, tout en évoquant la relance du secteur pétrolier du pays, une perspective qui alimente de fortes controverses.

Selon les autorités américaines, l’opération s’est déroulée à l’issue de frappes ciblées et d’une intervention militaire à Caracas, ayant conduit à l’arrestation de Nicolás Maduro et de son épouse. Le couple a ensuite été transféré aux États-Unis, où l’ancien chef de l’État doit répondre de plusieurs accusations, notamment de trafic de drogue et de narco-terrorisme.

Le président américain Donald Trump a justifié l’intervention en affirmant que les États-Unis assumeraient temporairement la supervision du Venezuela afin de garantir une transition “sûre et appropriée”. Une déclaration qui a immédiatement suscité de vives réactions sur la scène internationale.

La Chine a dénoncé un recours à la force contraire au droit international, appelant au respect strict de la Charte des Nations unies. La Russie a qualifié l’opération d’”acte d’agression armée” et exigé la libération immédiate de Maduro. L’Iran a également condamné ce qu’il considère comme une violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne. En Amérique latine, le Brésil et le Mexique ont dénoncé une atteinte à l’intégrité territoriale du Venezuela, alertant sur les risques de déstabilisation régionale.

Le président français, Emmanuel Macron, a pour sa part, "pris acte" de la fin de la "dictature Maduro", dont le "peuple vénézuélien" ne peut que se "réjouir", dans un message publié samedi sur X. "En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple", a estimé le chef de l'Etat.

"La transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien", a aussi plaidé Emmanuel Macron.

Réunion d’urgence à l’ONU

Le Conseil de sécurité des Nations unies tiendra une session d’urgence lundi, suite à l’action militaire menée par les États-Unis au Venezuela.

Samedi, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a averti que la crise vénézuélienne pourrait saper les fondements du droit international en créant un “précédent dangereux” pour des actions similaires à l’avenir.

La réunion a été demandée par la Colombie et soutenue par la Chine et la Russie, le Venezuela ayant également saisi officiellement le Conseil. Selon la présidence du Conseil, la session se tiendra au titre du point de l’ordre du jour “Menaces contre la paix et la sécurité internationales”, et le secrétaire général devrait en informer les membres.

Soutiens prudents et critiques internes

Les réactions sont plus nuancées du côté des alliés occidentaux des États-Unis. Le Royaume-Uni et le Canada ont appelé à une transition démocratique pacifique, sans pour autant soutenir explicitement l’intervention militaire. À l’inverse, certaines figures politiques ont salué la fin du régime Maduro.

L’opposante vénézuélienne María Corina Machado a qualifié l’arrestation de “moment historique”, estimant qu’elle ouvre la voie à un renouveau politique et institutionnel.

Aux États-Unis, le débat est également vif. Si plusieurs responsables républicains ont salué l’opération, de nombreux élus démocrates la jugent illégale, dénonçant l’absence d’autorisation du Congrès et mettant en garde contre une intervention guidée par des intérêts économiques plutôt que par des impératifs judiciaires ou humanitaires.

Le pétrole au cœur des tensions

Au-delà des considérations politiques et juridiques, le contrôle des ressources énergétiques du Venezuela apparaît comme un enjeu central. Le pays détient les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, et plusieurs signaux laissent entrevoir une volonté américaine de réintégrer rapidement le pétrole vénézuélien sur les marchés internationaux.

Nicolás Maduro avait à plusieurs reprises accusé Washington de chercher à s’approprier les ressources énergétiques du pays, estimant qu’une telle stratégie constituerait une menace pour la paix régionale. Des analystes évoquent désormais un possible retour de compagnies pétrolières américaines dans le secteur, dans le cadre d’une restructuration post-Maduro.

Le gouvernement vénézuélien a dénoncé l’intervention américaine comme un acte de  “terrorisme d’État” et une violation directe du droit international. Dans le même temps, les appels à la désescalade, au dialogue et à une solution politique inclusive se multiplient.

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SOURCE:TRT français et agences