POLITIQUE
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L’Espagne et cinq pays d’Amérique latine rejettent l’”action militaire américaine” au Venezuela
“Nous exprimons notre profonde préoccupation et notre rejet des actions militaires menées unilatéralement sur le territoire vénézuélien”, affirment les pays dans un communiqué conjoint
L’Espagne et cinq pays d’Amérique latine rejettent l’”action militaire américaine” au Venezuela
Dégâts causés par les frappes américaines sur le Venezuela / Reuters
5 janvier 2026

L’Espagne et cinq pays d’Amérique latine — le Brésil, le Chili, la Colombie, le Mexique et l’Uruguay — ont exprimé leur vive inquiétude après l’opération militaire menée par les États-Unis au Venezuela et ont mis en garde contre les risques qu’elle fait peser sur la stabilité régionale.

Dans une déclaration commune publiée dimanche, ces pays ont appelé les Nations unies à intervenir afin de contribuer à la désescalade de la situation.

“Nous exprimons notre profonde préoccupation et notre rejet des actions militaires menées unilatéralement sur le territoire vénézuélien, en contravention avec les principes fondamentaux du droit international, en particulier l’interdiction de recourir ou menacer d’en faire usage, ainsi que le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, tels qu’énoncés dans la Charte des Nations unies”, indique le communiqué.

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Cette prise de position intervient après que le président américain Donald Trump a affirmé que l’opération militaire des États-Unis au Venezuela avait conduit à la “capture” du président Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Le chef de l’exécutif américain a également déclaré que Washington entendait assurer, pour une période transitoire, le contrôle du pays, y compris par le déploiement de troupes américaines si nécessaire.

Arrivés à New York tard samedi, Nicolas Maduro et Cilia Flores sont actuellement détenus dans un centre de détention à Brooklyn. Ils sont poursuivis par la justice fédérale américaine pour des accusations liées au trafic de drogue et à une coopération présumée avec des groupes criminels qualifiés d’organisations terroristes.

 Maduro a rejeté ces accusations, tandis que des responsables à Caracas ont appelé à la libération du couple présidentiel.

Dans leur déclaration, l’Espagne et les cinq pays latino-américains ont insisté sur la nécessité d’une solution pacifique.

“Nous réaffirmons que la situation au Venezuela doit être résolue exclusivement par des moyens pacifiques, à travers le dialogue, la négociation et le respect de la volonté du peuple vénézuélien dans toutes ses expressions, sans ingérence extérieure et dans le strict respect du droit international”, soulignent-ils.

Les six pays ont également exhorté le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à œuvrer en faveur de la désescalade des tensions et de la préservation de la paix régionale. Ils ont enfin exprimé leur inquiétude face à “toute tentative de contrôle gouvernemental, d’administration ou d’appropriation extérieure de ressources naturelles ou stratégiques”, estimant qu’une telle démarche serait contraire au droit international et susceptible de menacer la stabilité politique, économique et sociale de la région.

Samedi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis superviseraient le gouvernement vénézuélien pendant une période intérimaire à la suite de l’arrestation de Nicolas Maduro.

“Nous allons gérer le pays jusqu’à ce qu’une transition sûre, appropriée et réfléchie puisse être mise en place”, a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse.

SOURCE:Agences