Les déclarations du président français Emmanuel Macron, saluant la fin du régime Maduro et appelant à une transition politique au Venezuela, ont suscité de fortes réactions, en particulier au sein de la gauche française.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Macron a affirmé que le peuple vénézuélien était “débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro” et a plaidé pour une transition démocratique respectant la volonté populaire. Sans soutenir explicitement l’intervention militaire américaine, cette prise de position a été perçue par de nombreux responsables politiques comme un alignement implicite sur l’action de Washington.
La gauche française fait bloc
À gauche, la condamnation a été immédiate et quasi unanime. La France insoumise, le Parti socialiste, le Parti communiste et les écologistes ont dénoncé une violation grave du droit international et de la souveraineté du Venezuela. Pour le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, la réaction présidentielle est une “honte” qui “trahit les principes fondamentaux de la diplomatie française”.
L’indignation est tout aussi vive au Parti socialiste. Son premier secrétaire, Olivier Faure, a rappelé que “la France n’est pas un État vassal des États-Unis” et estimé que le chef de l’État ne pouvait “se comporter comme un simple porte-parole de la Maison-Blanche”.
De son côté, le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner, a dénoncé une prise de position qui “piétine toute notre histoire diplomatique”, la qualifiant à son tour d’une “honte”.
Une critique encore plus sévère est venue du secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, qui a évoqué une “honte ultime” et jugé que la France était ainsi “rabaissée au rang de 51e État des États-Unis”.
Même son de cloche chez Marine Tondelier, cheffe des Écologistes (EELV), qui a condamné l’opération et la prise de position du président français, estimant qu’il s’agissait d’une “agression manifeste et illégale d’un État souverain”. Elle a, à ce titre, appelé la France à condamner avec la plus grande fermeté cette violation du droit international.
Au-delà du camp de la gauche
À l’autre bout du spectre politique, plusieurs voix ont insisté sur la nécessité de respecter le droit international et de laisser aux Vénézuéliens le soin de décider de leur avenir politique, sans intervention étrangère.
Le président du Rassemblement national Jordan Bardella s’est montré moins tranché. Si “personne” ne regrettera le “régime rouge” de Nicolás Maduro, “le respect du droit international et de la souveraineté des États ne peut être à géométrie variable”, a-t-il écrit sur X.
Jordan Bardella a appelé à ce que “la parole soit rendue dans les plus brefs délais au peuple vénézuélien, afin qu’il puisse sortir de cette crise majeure par un processus démocratique libre, transparent et loyal”.
Le président vénézuélien Nicolás Maduro a été interpellé samedi lors d’une opération militaire américaine, au terme de plusieurs mois de vives tensions entre Washington et Caracas.













