Selon des résultats portant sur 99,2% des circonscriptions, Antonio Seguro a obtenu 66,8% des suffrages, contre 33,2% pour Ventura, député de 43 ans et président de la formation Chega ("Assez").
L'ancien secrétaire général du Parti socialiste (2011-2014) succédera ainsi le 9 mars prochain au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, en poste depuis dix ans.
"Les vainqueurs ce soir ce sont les Portugais et la démocratie", a réagi le futur chef de l'État, en affichant la volonté d'être "le président de tous les Portugais".
Alors qu'André Ventura promettait une "rupture" avec les formations qui dirigent le Portugal depuis 50 ans, Antonio José Seguro avait mis en garde contre "le cauchemar" dans lequel le pays risquerait de se trouver si son adversaire l'emportait.
La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", a salué la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Après avoir passé une décennie en retrait de la vie politique, l'ancien député et ex-ministre avait au premier tour capitalisé 31,1% des suffrages et s'était ensuite assuré le soutien de nombreuses personnalités politiques issues de l'extrême gauche, du centre et même de la droite, mais pas celui du Premier ministre Luis Montenegro.
Le chef du gouvernement minoritaire de droite, qui s'appuie au Parlement tantôt sur les socialistes, tantôt sur l'extrême droite, avait refusé de donner une consigne de vote pour le second tour après l'élimination du candidat soutenu par son parti.
Une promesse de garantir la stabilité
Dimanche soir, le Premier ministre a promis de travailler avec le prochain président dans un "esprit de convergence", afin de "garantir la stabilité politique".
L’extrême droite reste en embuscade. André Ventura avait quant à lui franchi un nouveau palier en se qualifiant pour le second tour avec 23,5% des voix, confirmant ainsi la progression électorale de son parti d'extrême droite, devenu la première force d'opposition l'an dernier.
Le président de Chega a reconnu sa défaite de dimanche, tout en se félicitant d'avoir offert à sa formation "le meilleur résultat de son histoire".
"Nous menons la droite au Portugal et nous allons bientôt gouverner ce pays", a-t-il lancé devant ses partisans, soulignant avoir obtenu un meilleur score que celui du camp gouvernemental lors des législatives de mai 2025.
Un gouvernement sans majorité
Étant donné que "le gouvernement ne dispose toujours pas d'une majorité au Parlement", le nouveau président "restera au centre du jeu politique", a commenté le politologue Bruno Ferreira da Costa, de l'université Beira Interior, auprès de l’agence AFP.
Après le premier tour, la campagne a été perturbée par les tempêtes meurtrières qui ont balayé le Portugal ces deux dernières semaines, poussant une vingtaine de circonscriptions parmi les plus touchées à reporter le scrutin d'une semaine.
L'écrasante majorité des 11 millions d'électeurs au Portugal et à l'étranger était néanmoins appelée à voter dimanche et, malgré les craintes d'une démobilisation des électeurs, le taux d'abstention (49,9%) n'a que légèrement dépassé celui du premier tour, qui avait connu la plus forte participation depuis la présidentielle de 2006.










