FRANCE
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Les violences politiques bien ancrées à l’extrême droite
À un mois des élections municipales, la mort du militant Quentin Deranque est utilisée pour affaiblir le parti de gauche la France Insoumise, mais les violences politiques restent majoritairement le fait de l’extrême droite selon les statistiques.
Les violences politiques bien ancrées à l’extrême droite
Dimanche 15 février, plusieurs élus d'extrême droite participaient au rassemblement en mémoire de Quentin à Lyon / AFP
il y a 3 heures

“L’extrême gauche tue”, a déclaré lors d’une conférence de presse ce mercredi, le président du Rassemblement national Jordan Bardella demandant même un cordon républicain à l’encontre de la France Insoumise, un assistant parlementaire d’un député LFI étant impliqué dans la rixe qui a conduit à la mort de Quentin Deranque.

Marion Maréchal Le Pen, eurodéputé d’extrême droite et proche du parti Reconquête, petite fille de Jean-Marie Le Pen a joué les amnésiques en déclarant sur BFMTV le 17 février que “la violence d’extrême droite est dérisoire, ça n’existe pas statistiquement”.

Mais les statistiques contredisent l’égérie de l’extrême droite, comme le souligne le journal l’Humanité. En France, selon Nicolas Lebourg, historien dans son livre “Violences politiques en France”, sur 53 morts attribuées à des militants politiques entre 1986 et 2014, 5 impliquent des militants de gauche (dont 4 pour le seul groupe Action directe) et 48 incombent à l’extrême droite.

Un autre ouvrage livre le même constat indique l’Humanité. Entre 2022 à 2026, douze homicides impliquent l’extrême droite, dont cinq pour la seule année 2022. Dans son livre “Les tueurs d’extrême droite”, le journaliste Paul Conge rappelle que 2022 était une année de campagne présidentielle marquée par la montée en puissance de Marine Le Pen et Éric Zemmour.

L’Humanité cite le noms de plusieurs victimes de l’extrême droite comme le rugbyman argentin Federico Martin Aramburu tué par l’ex-militant du GUD Loïk Le Priol, pour avoir voulu empêcher une agression raciste ou encore Éric Casado Lopez, abattu par le complotiste antisémite Martial Lenoir.

Ces crimes imputables à l’extrême droite sont même en augmentation. 29 personnes ont été arrêtées en 2021, contre 5 en 2020 et 7 en 2019, pour des faits de terrorisme liés à l’ultra droite, selon la commission parlementaire d’enquête sur les groupuscules d’extrême droite en France.

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Après le meurtre du jeune Thomas à Crépol en 2023 et l’expédition punitive de groupuscules d’extrême droite qui a suivi à Romans-sur-Isère, Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur de l’époque, avait indiqué que 13 attentats, liés à la mouvance de l’ultra droite, avaient été déjoués depuis 2017.

Une indignation différente selon les victimes

Les députés français ont observé une minute de silence ce mardi 17 février pour marquer leur émoi après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque. 

Mais les macronistes et le Rassemblement National se sont opposés à la minute de silence proposée par la gauche pour Aboubakar Cissé poignardé de 57 coups de couteau dans la mosquée de La Grand-Combe (Gard) le 25 avril 2025.

Ajoutons que ces crimes de l’extrême droite ne sont souvent pas considérés sous l’angle du racisme, le motif de racisme est même régulièrement laissé de côté par la justice française. 

Ce fut le cas en 2022, quand un conspirationniste d’extrême droite et adorateur d’Adolf Hitler, Martial Lanoir, a reconnu avoir abattu un jeune d’origine maghrébine en plein Paris d’une balle dans la tête ou en 2013 lorsque le militant antifasciste, Clément Méric, a succombé sous les coups de skinheads d’extrême droite nationaliste après une rixe.

Le motif de racisme ne sera pas retenu. Même chose dans l’affaire Djamel Bendjaballah, un éducateur tué le 31 août 2025 près de Dunkerque par un homme appartenant à la Brigade française patriote, un groupuscule d'ultra droite. La victime avait pourtant déposé plusieurs plaintes pour insultes racistes à l’encontre de son assassin.

SOURCE:TRT français et agences