MOYEN-ORIENT
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La presse étrangère fustige l'interdiction israélienne d'accès à Gaza
Depuis octobre 2023, le gouvernement israélien refuse aux journalistes étrangers un accès indépendant au territoire occupé, n'autorisant qu'un accès limité sous couvert de l'armée.
La presse étrangère fustige l'interdiction israélienne d'accès à Gaza
La presse étrangère fustige l'interdiction israélienne d'accès à Gaza / Reuters
6 janvier 2026

Une association internationale de médias a critiqué le gouvernement israélien pour le maintien de cette interdiction d'accès sans restriction pour les médias à Gaza, qualifiant cette décision de décevante.

Le gouvernement a indiqué à la Cour suprême, dans un mémoire déposé dimanche soir, que l'interdiction devait être maintenue, invoquant les risques sécuritaires à Gaza, malgré un accord de cessez-le-feu en vigueur depuis octobre.

Ce mémoire faisait suite à une requête déposée par l'Association de la presse étrangère (APE), qui représente des centaines de journalistes en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, et qui demande un accès immédiat et sans restriction à Gaza pour les journalistes étrangers.

"L'Association de la presse étrangère exprime sa profonde déception face à la dernière réponse du gouvernement israélien à notre appel à un accès libre et complet à Gaza", a fait savoir l'APE ce mardi.

"Au lieu de présenter un plan permettant aux journalistes d'accéder à Gaza de manière indépendante et de travailler aux côtés de nos courageux collègues palestiniens, le gouvernement a une fois de plus décidé de nous en interdire l'accès", malgré le cessez-le-feu en vigueur sur le territoire, a-t-on ajouté.

Depuis le début de la guerre israélienne à Gaza en octobre 2023, le gouvernement interdit aux journalistes étrangers d'entrer librement dans le territoire dévasté, n'autorisant qu'un nombre limité de journalistes à y accéder au cas par cas, intégrés à ses forces militaires.

Début décembre 2025, le bureau de presse du gouvernement de Gaza a annoncé que 257 journalistes palestiniens avaient été tués lors de la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza.

"La justice mettra fin à cette mascarade"

L'Association palestinienne a déposé sa requête en 2024, après quoi le tribunal a accordé plusieurs prolongations au gouvernement pour soumettre sa réponse.

Le mois dernier, cependant, le tribunal a fixé au 4 janvier la date limite pour que le gouvernement présente un plan autorisant l'accès des médias à Gaza.

Dans ses observations, le gouvernement a maintenu le maintien de l'interdiction.

"Cette décision est motivée par des raisons de sécurité, conformément à la position des autorités de défense, qui estiment qu'un risque sécuritaire lié à une telle entrée persiste", a-t-il été indiqué.

Le gouvernement a également fait valoir que les recherches du corps du dernier otage détenu à Gaza étaient toujours en cours, suggérant qu'autoriser l'accès des journalistes à ce stade pourrait entraver l'opération.

Un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, mouvement de résistance palestinien, est entré en vigueur en octobre. Cependant, l'armée israélienne a commis des centaines de violations depuis, tuant 420 Palestiniens et en blessant 1 184 autres, selon le ministère de la Santé de Gaza.

L'Association des journalistes palestiniens (ALP) a déclaré qu'elle prévoyait de soumettre une "réponse ferme" au tribunal et a exprimé l'espoir que les "juges mettront fin à cette mascarade".

"L'ALP est convaincue que le tribunal rendra justice face aux violations continues des principes fondamentaux de la liberté d'expression, du droit du public à l'information et de la liberté de la presse", a ajouté l'association.

La Cour suprême devrait rendre une décision sur cette question, mais on ignore quand celle-ci sera prononcée.

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SOURCE:TRT français et agences