Le Premier ministre essaie d’éteindre l’incendie allumé avec l’abattage de plusieurs troupeaux à cause de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse. La stratégie du gouvernement a été critiquée par les syndicats agricoles. De là est né un énième mouvement de colère d’abord apparu dans le sud-ouest et qui s’étend maintenant à toute la France.
Ce mardi, le Premier ministre va recevoir deux nouveaux syndicats. Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, le principal syndicat agricole, a déjà confirmé ce matin sur TF1 qu’il appelle ses adhérents à manifester. “Maintenant, ce qui nous intéresse, c’est de trouver des solutions. À commencer par ce soir, en rencontrant le Premier ministre, et en fin de semaine, pour dénoncer la signature de l’accord Mercosur.”
Lundi, Sébastien Lecornu a reçu la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole français qui mène le bras de fer avec le gouvernement. Et à la sortie, le président de la CR a appelé ses troupes à continuer les manifestations et les blocages. Bertrand Venteau, président du CR a promis que les tracteurs seraient à Paris jeudi, pour une grande manifestation malgré les arrêtés préfectoraux interdisant leur circulation sur presque tout le territoire.
La CR promet une manifestation pacifique à Paris "même si la moitié (des manifestants) doit finir en garde à vue".
La France ne peut pas bloquer l’accord avec le Mercosur
Les quelques promesses faites dimanche sur une simplification des démarches administratives et la suspension des importations d’Amérique du Sud dès cette semaine quand des produits interdits sont utilisés pour leur élevage ou leur production, ne répondent pas aux attentes des agriculteurs.
Le protocole de lutte contre la dermatose nodulaire n’a pas été modifié, les agriculteurs plaident pour des abattages des seules bêtes malades suivis par des contrôles réguliers.
La ratification de l’accord de libre-échange avec le Mercosur est l’autre dossier qui nourrit la colère agricole. La Commission européenne souhaite ratifier le texte le 12 janvier courant. Même si cette date n’est pas confirmée, la porte-parole de la Commission considère que la ratification est “sur la bonne route”.
Et au grand désespoir des agriculteurs français, les dés semblent jetés.
L’Italie a changé de position et donne son feu vert à l’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et les pays du Mercosur, selon l’agence Bloomberg. Ceci rend la ratification inévitable car il n’y a plus de minorité de blocage, à moins que Paris ne trouve un nouvel allié parmi les 27 membres de l’UE.

















