Le chancelier allemand Friedrich Merz a en tout cas planté un clou dans le cercueil du projet. Clairement, le chancelier allemand a perdu patience, le projet est sur la table de l’Espagne, la France et l’Allemagne depuis 2017. Le 18 février, il a déclaré que l’Allemagne n’avait pas besoin du même avion que la France.
Cette sortie suit la déclaration dans une tribune co-signée par le vice-président du syndicat IG Metall, Jürgen Kerner, et la présidente de la Fédération des industries aéronautiques et de l'espace, Marie-Christine von Hahn qui appelaient le gouvernement allemand à développer son propre avion de combat.
“Depuis près d'un an, l'entreprise française Dassault revendique de facto la mainmise sur le projet”, ont déploré lundi les deux dirigeants dans un texte publié par le journal Handelsblatt. Pour les responsables, l'attitude de l'avionneur français est “une invitation à nous renier au plan industriel : ça ne peut pas passer”.

Le SCAF, un avion européen
L’ambiance n’est donc pas au beau fixe et les tensions autour de ce projet impactent la relation franco-allemande. Le président français, Emmanuel Macron a aussitôt plaidé pour conserver l’esprit européen du SCAF. Interrogé ce jeudi en marge d’un déplacement en Inde, Emmanuel Macron a déclaré que “des frictions entre les entreprises, c’est la vie des affaires. Est-ce que ça doit décider de la stratégie des États ? La réponse est non”. Et le chef de l’État d’ajouter: “Est-ce que c’est la meilleure utilisation de notre argent que de faire plusieurs avions ? On a besoin d’avoir un standard européen”.
Cet appel à l’esprit européen risque de ne pas suffire tant le dossier industriel est au point mort.

Divergence technique et de gouvernance
Le SCAF devait être le premier avion de chasse européen, construit à trois avec Airbus Espagne, Airbus Allemagne et le Français Dassault. Les trois partenaires devaient assumer chacun un tiers des 100 milliards d’euros nécessaires au projet.
Présenté en 2017 par Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel, l’appareil devait être un avion de chasse connecté, à l’image des F-35 américains, un avion furtif de sixième génération pour doter les Européens de leur propre armement et réduire leur dépendance vis-à-vis des Etats-Unis.
Mais les trois industriels européens n’ont pas réussi à s’entendre, si la France a la gouvernance du projet, l’entreprise Dassault demande à pouvoir être seule décisionnaire sur plusieurs points, ce qui a conduit à la crise actuelle. Aujourd’hui, les trois partenaires ne se parlent plus.
Le PDG de Dassault a même déclaré au dernier salon du Bourget en juin 2025 que son entreprise pouvait très bien fabriquer et concevoir cet avion toute seule, l’esprit européen en moins !
La balle est aujourd’hui dans le camp de l’Elysée qui a laissé les industriels s’enliser dans leurs désaccords, d’autant que le SCAF est un projet crucial pour la défense européenne car il inclut également la création d’un cloud tactique et de combat, et de drones de combat, ce projet réduirait la dépendance européenne au parapluie militaire américain.
















