POLITIQUE
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Sous pression, Capgemini met en vente sa filiale liée à la police américaine de l’immigration
La décision intervient dans un contexte de critiques croissantes visant le rôle des entreprises privées dans les politiques migratoires américaines, jugées répressives par de nombreuses ONG.
Sous pression, Capgemini met en vente sa filiale liée à la police américaine de l’immigration
Le logo de la compagnie Capgemini / Reuters
il y a 3 heures

Le géant français des services numériques Capgemini a annoncé la mise en vente de l’une de ses filiales aux États-Unis, spécialisée dans des prestations technologiques pour ICE, la police fédérale américaine de l’immigration. 

Cette décision intervient dans un contexte de critiques croissantes visant le rôle des entreprises privées dans les politiques migratoires américaines, jugées répressives par de nombreuses organisations de défense des droits humains.

La filiale concernée fournit des services informatiques et de gestion de données à l’ICE, une agence régulièrement accusée de violations des droits fondamentaux, notamment en lien avec la détention et l’expulsion de migrants. Depuis plusieurs années, le recours à des prestataires privés par l’administration américaine alimente une vive controverse, exacerbée sous les différentes administrations successives.

Capgemini, présent de longue date sur le marché américain, se retrouve ainsi exposé à une pression réputationnelle croissante, tant de la part de la société civile que de certains investisseurs soucieux de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

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Critiques des ONG et mobilisation interne

Des ONG de défense des droits des migrants reprochent à l’ICE ses méthodes de contrôle, ses conditions de détention et ses expulsions parfois expéditives. Dans ce contexte, les entreprises travaillant avec l’agence sont régulièrement accusées de contribuer indirectement à ces pratiques.

Selon plusieurs sources, la filiale de Capgemini a également suscité des interrogations en interne, certains salariés exprimant leur malaise face à des contrats liés à l’application des politiques migratoires américaines. Ces tensions internes auraient renforcé la volonté du groupe de se désengager d’un secteur devenu trop sensible.

Sans remettre officiellement en cause la légalité de ses activités passées, Capgemini justifie cette mise en vente par un recentrage stratégique. Le groupe entend désormais privilégier des activités jugées moins controversées et davantage alignées avec ses engagements en matière de responsabilité sociale et éthique.

Cette décision s’inscrit dans une tendance plus large observée chez plusieurs entreprises technologiques et de conseil, qui revoient leurs relations contractuelles avec les forces de l’ordre et les agences de sécurité, notamment aux États-Unis.

Pour Capgemini, la cession de cette filiale vise aussi à rassurer les investisseurs et les clients internationaux, de plus en plus attentifs à l’image et aux impacts sociaux des entreprises avec lesquelles ils collaborent. Dans un environnement économique marqué par la montée des exigences ESG, les liens avec des agences controversées peuvent représenter un risque stratégique majeur.

La vente de cette entité pourrait toutefois prendre du temps, dans un secteur étroitement lié aux contrats publics et soumis à de fortes contraintes réglementaires.

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SOURCE:TRT français et agences