Près de 70 organisations ont fustigé les "réformes" de l'UE en matière de migration, actuellement examinées par le Parlement européen, les comparant à la politique américaine du président Donald Trump et appelant les responsables à abandonner le texte.
"Cette menace est réelle et immédiate", ont déclaré ces nombreuses associations, dont des groupes de défense des droits humains européens et nationaux, dans une lettre publiée lundi, exprimant leur inquiétude face aux descentes de police dans les espaces publics et privés et au profilage racial.
"Ils veulent obliger les États membres à "détecter" les personnes sans papiers, transformant ainsi les espaces du quotidien, les services publics et les interactions sociales en outils de contrôle de l'immigration à la manière de l'ICE", ont-elles averti.
Mais les descentes menées par des agents lourdement armés et masqués de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) et d'autres agences ont déclenché des manifestations dans des villes dirigées par des démocrates, suivies de répressions violentes, dont deux cas où des citoyens américains ont été tués par balle.
"On ne peut pas s'indigner des agissements de l'ICE aux États-Unis tout en soutenant de telles pratiques en Europe", a déclaré Michele LeVoy de PICUM, une organisation qui protège les migrants sans papiers.
La réforme migratoire proposée par la Commission européenne autorise la création de centres hors des frontières de l'UE pour les demandeurs d'asile déboutés, appelés "centres de retour".
Cette "réforme" prévoit des sanctions plus sévères pour ceux qui refusent de quitter le territoire européen, notamment des périodes de détention plus longues et la confiscation de leurs papiers d'identité.
Ces mesures ont déjà été approuvées par la plupart des États membres de l'UE, mais sont condamnées par certains députés européens et des organisations de protection des migrants.
L'exécutif européen rejette régulièrement les critiques des organisations de défense des droits humains, insistant sur le fait que ses mesures respectent les droits fondamentaux des migrants.
Bruxelles affirme également que ces actions sont soutenues par une majorité de citoyens européens, dans un contexte où le centre de gravité politique s'est déplacé vers la droite.








