Les pays européens continuent d’exporter vers l’Afrique et les pays du sud en général des pesticides pourtant interdits sur leur territoire.122 000 tonnes de pesticides toxiques comme le glufosinate ont été vendus dans les pays du sud dont l’Afrique en 2024. Ceci représente une hausse de 50 % par rapport aux 81 000 tonnes de 2018, selon les révélations d’une enquête des ONG’s Public Eye et Enearthed.
L’Allemagne, la Belgique, l'Espagne, le Royaume Uni et la France sont les principaux exportateurs de ces produits toxiques acheminés en grande partie au Maroc, en Afrique du Sud, et au Kenya. Ces pays africains importent en effet chaque année, près de 500 des 9 000 tonnes de ces produits destinés au continent.
Parmi les pesticides interdits en Europe et vendus dans les pays d’Afrique et du sud en général figurent :
le dichloropropène (1,3-D), classé cancérogène probable, avec plus de 20 000 tonnes exportées,
le glufosinate, un herbicide pouvant provoquer des troubles de la fertilité,
les néonicotinoïdes, ces "tueurs d’abeilles" interdits dans l’UE depuis 2019, entre autres.
En France, la tentative de réintroduction d’un insecticide comme l'acétamipride a suscité une vive réaction de l’opinion, amenant le Conseil constitutionnel à censurer les dispositions permettant sa réintroduction.
Dans sa décision, le Conseil constitutionnel français rappelle que les néonicotinoïdes “ont des incidences sur la biodiversité, en particulier pour les insectes pollinisateurs et les oiseaux” et “induisent des risques pour la santé humaine”.
Un "double standard odieux"
Interdits en Europe, ces pesticides toxiques sont vendus en Afrique notamment, profitant des failles de la loi des faiblesses des systèmes de contrôle. Marcos Orellana, rapporteur spécial des Nations Unies sur les produits toxiques et les droits humains, y voit un "double standard odieux" et une "forme d’exploitation moderne dont la connotation raciale ne peut être ignorée".
"La vie et la santé des populations des pays destinataires ne sont pas aussi importantes que celles des citoyens européens".
Marcos Orellana, rapporteur spécial des Nations Unies sur les produits toxiques et les droits humains
Pour lui, cette situation révèle que "la vie et la santé des populations des pays destinataires ne sont pas aussi importantes que celles des citoyens européens".
En l’absence d'étude scientifique sur les méfaits des insecticides toxiques, l’Afrique vit encore sous la menace d’une potentielle crise sanitaire sous-estimée.
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