Les journalistes palestiniens incarcérés dans des prisons israéliennes entre octobre 2023 et janvier 2026 ont subi des “abus systématiques”, selon un rapport du CPJ publié ce jeudi.
Parmi les 59 correspondants interrogés, “tous sauf un ont déclaré avoir été soumis à ce qu’ils ont décrit comme de la torture, des mauvais traitements ou d’autres formes de violence”, a indiqué l’organisation basée à New York dans un communiqué.
La directrice du CPJ, Jodie Ginsberg, a exhorté la communauté internationale à “agir” face à ces signalements d’abus.
“L’ampleur et la cohérence de ces témoignages révèlent une situation qui dépasse largement des comportements isolés”, a-t-elle affirmé.
Le CPJ rapporte que des journalistes ont évoqué des passages à tabac, des violences sexuelles, des immobilisations prolongées dans des positions douloureuses ainsi qu’une exposition continue à de la musique assourdissante, des aboiements et des bruits de bombardements.
Ils ont également décrit des conditions de détention insalubres, un manque de soins médicaux et des privations alimentaires. Selon le CPJ, les personnes interrogées ont perdu en moyenne 23,5 kilogrammes au cours de leur détention.
L’un des journalistes, Yousef Sharaf, a témoigné que des abcès s’étaient formés sur des plaies infectées causées par des coups, et qu’un autre détenu, chirurgien de profession, avait dû pratiquer des opérations improvisées faute de soins adéquats.
Un autre prisonnier, Sami Al Sai, a attesté avoir été violé à l’aide d’objets.
Un troisième, Mohammed Al Atrash, a confié qu’avant sa libération, il lui avait été ordonné de cesser toute activité journalistique: “ils m’ont dit que si j’écrivais ne serait-ce qu’un “bonjour” sur mes réseaux sociaux, ils le sauraient”.

Des journalistes derrière les barreaux
La plupart des détenus ont été placés en “détention administrative”, un régime permettant leur incarcération sans inculpation pour une durée potentiellement illimitée. Aucun n’a été poursuivi en justice.
La majorité aurait également été empêchée de communiquer avec leurs avocats, selon le CPJ.
L’organisation à but non lucratif indique que l’armée israélienne n’a pas répondu aux accusations spécifiques. Un porte-parole a toutefois affirmé que les détenus “sont traités conformément au droit international”.
Il a ajouté que les forces armées israéliennes “n’ont jamais, et ne viseront jamais délibérément des journalistes” et que toute violation des protocoles “fera l’objet d’une enquête”.
L’administration pénitentiaire israélienne, également sollicitée par le CPJ, a déclaré qu’à sa connaissance “aucun événement de ce type ne s’est produit”. Elle affirme que tous les détenus sont incarcérés conformément à la loi, que leurs droits fondamentaux sont respectés et qu’ils peuvent déposer plainte si nécessaire.
Israël a emprisonné un nombre croissant de journalistes depuis le lancement de son offensive contre Gaza en octobre 2023.
Le CPJ a recensé au moins 94 journalistes et un professionnel des médias palestinien détenus entre octobre 2023 et janvier 2026. Au 19 février, 30 d’entre eux étaient toujours incarcérés.
















