Des ONG israéliennes ont tiré la sonnette d'alarme concernant un plan de colonisation signé par le gouvernement, qui, selon elles, marquerait la première extension des frontières de Jérusalem en Cisjordanie occupée depuis 1967.
La proposition, publiée début février, intervient alors que l'indignation internationale grandit face aux mesures progressives visant à renforcer le contrôle israélien sur la Cisjordanie, qui équivalent à une annexion de facto du territoire palestinien.
Ce projet, annoncé par le ministère israélien de la Construction et du Logement, consiste officiellement en une extension vers l'ouest de la colonie de Geva Binyamin (ou Adam), située au nord-est de Jérusalem, en Cisjordanie.
Dans un communiqué, le ministère a indiqué que l'accord prévoyait la construction d'environ 2 780 logements pour la colonie de Geva Binyamin, pour un investissement d'environ 120 millions de shekels israéliens (environ 38,7 millions de dollars).
Mais la zone à aménager se situe du côté israélien de la barrière de séparation construite par Israël au début des années 2000, tandis que Geva Binyamin se trouve du côté cisjordanien de cette barrière, les deux zones étant séparées par une route.
L'organisation israélienne de surveillance des colonies, La Paix Maintenant, a averti que le nouveau quartier proposé n'aurait aucun lien territorial ou fonctionnel avec la colonie existante, soulignant que le projet vise en réalité à l'ancrer directement à Jérusalem.
Confiscation illégale de terres palestiniennes
Selon son directeur, Lior Amihai, le plan relierait la zone sans interruption à la ville tout en la plaçant au-delà des limites municipales annexées de Jérusalem, ce qui signifie qu'elle se trouverait entièrement en territoire occupé de Cisjordanie.
Aviv Tatarsky, de l'organisation Ir Amim, a qualifié cette initiative d'extension de facto de Jérusalem, notant que les résidents seraient, de fait, traités comme des Jérusalémites, renforçant ainsi le contrôle israélien sur le territoire palestinien sous couvert de développement urbain.
L’accord, signé par le ministère israélien de la Construction et du Logement, le ministère des Finances et le Conseil régional de Binyamin, constitue une nouvelle étape, selon les critiques, vers la confiscation illégale de terres palestiniennes.
Bien qu’il soit encore en attente d’examen par le Comité supérieur de planification de l’Administration civile, ce plan s’inscrit dans une tendance plus large d’expansion des colonies en Cisjordanie occupée.
Plus de 500 000 colons israéliens illégaux vivent déjà dans des colonies et des avant-postes de la région, tandis que les Palestiniens dénoncent le fait que de tels projets renforcent l’emprise d’Israël sur des terres destinées à constituer le socle d’un futur État palestinien.
Environ trois millions de Palestiniens vivent sur ce territoire, occupé par Israël depuis 1967.















