L'approbation par le gouvernement israélien d'une proposition visant à enregistrer de vastes zones de la Cisjordanie occupée comme "propriété de l'État" est juridiquement nulle et non avenue, a déclaré dimanche le ministère palestinien des Affaires étrangères, avertissant que cette mesure vise à faire progresser l'annexion et l'expansion des colonies.
Dans un communiqué publié sur la plateforme X, le ministère a condamné la décision "avec la plus grande fermeté".
Il a également rejeté toute tentative de transformer des terres de la Cisjordanie occupée en propriété de l’État sous l’autorité de l’occupation, ainsi que toutes les conséquences que cela implique, dans le but de "légitimer le crime de colonisation et d’annexion, et créer des voies qui facilitent la saisie, l’occupation et le vol des terres palestiniennes ainsi que l’expansion des colonies illégales".
Le ministère a indiqué que cette mesure constitue également un premier pas concret vers l'annexion et pour saper les fondements de l'État palestinien.
"Cette décision constitue un défi direct à l'ordre juridique international et à la volonté de la communauté internationale, et équivaut à une violation flagrante des principes internationaux de paix et de sécurité", a-t-on ajouté de même source.
Il a en outre précisé que cette décision est "en contradiction flagrante avec les résolutions des Nations Unies, notamment la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui affirme l’illégalité des colonies dans tout le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est".
"Le ministère appelle la communauté internationale, le Conseil de sécurité et tous les organismes juridiques et internationaux à s’opposer fermement à l’accélération de ces mesures unilatérales illégales", a lancé le communiqué.
Le Hamas fustige un "artifice juridique"
Le Hamas qui dénonce "une autorité illégitime" a qualifié la décision du cabinet israélien de s’emparer de nouvelles terres en Cisjordanie occupée de "nulle", dans un communiqué publié dimanche sur Telegram.
Le Hamas estime que le recours au statut de "propriétés d’Etat" constitue un "artifice juridique" destiné à faciliter la confiscation de terres, à imposer "une nouvelle réalité coloniale par la force" et à accélérer l’annexion de fait dans un contexte de tensions persistantes en Cisjordanie occupée.
Le communiqué dénonce une "violation flagrante du droit international" et des résolutions des Nations unies relatives aux territoires occupés depuis 1967.
Plus largement, le mouvement palestinien qui évoque une stratégie de "judaïsation" et de "déplacement forcé", réaffirme sa détermination à s’opposer à toute modification unilatérale du statut du territoire et assure que la population palestinienne demeurera "un rempart imprenable" face aux projets d’expansion israéliens.
Réactions dans le monde arabe
A Riyadh, le ministère saoudien des Affaires étrangères a exprimé sa "condamnation" des projets visant à imposer une "nouvelle réalité juridique et administrative" en Cisjordanie occupée, affirmant que de telles mesures "compromettraient les efforts déployés pour instaurer la paix et la stabilité dans la région".
"Israël n’a aucune souveraineté sur les territoires palestiniens occupés", a déclaré sans équivoque le ministère qui a rejeté les mesures illégales qui constituent une "grave violation du droit international" et compromettent la solution à deux États.
Le ministère koweïtien des Affaires étrangères a condamné, dans un communiqué, la décision israélienne, la qualifiant de "décision nulle et non avenue", et a exhorté la communauté internationale à "dissuader Israël de telles violations".
"Il est absolument inacceptable d'imposer une souveraineté non palestinienne sur la Cisjordanie occupée", a déclaré le ministère.
"Toute décision d'annexer des terres en Cisjordanie occupée serait considérée comme nulle et non avenue et illégitime, et compromettrait les efforts internationaux visant à instaurer une paix juste et globale, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité et à la solution à deux États", a souligné le ministère.
L'Egypte "condamne dans les termes les plus forts" ces annonces qui représentent, selon elle, "une escalade dangereuse visant à consolider le contrôle israélien" sur la Cisjordanie occupée et une violation des accords internationaux, a indiqué le gouvernement sur X.
A Doha, les autorités du Qatar ont dénoncé des mesures qui reviennent, selon elles, à "une extension des projets (d'Israël) de priver le peuple palestinien de ses droits".
"Propriété d’Etat"
Ces déclarations interviennent au lendemain de l'approbation par le gouvernement israélien d'une proposition autorisant la saisie de terres palestiniennes en Cisjordanie par leur enregistrement comme "propriété de l'État", une première depuis 1967.
La chaîne de télévision publique israélienne a rapporté que la proposition avait été soumise par le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, le ministre de la Justice, Yariv Levin, et le ministre de la Défense, Israel Katz.
La chaîne 7 a indiqué que la mesure prévoit la réouverture des procédures d'enregistrement foncier précédemment gelées, l'abrogation d'une ancienne législation jordanienne et la divulgation de documents fonciers restés confidentiels pendant des décennies.
Les Palestiniens perçoivent ces mesures comme un prélude à l'annexion formelle de la Cisjordanie et comme un pas vers l'annexion de facto de vastes portions du territoire, des actions qui, selon eux, compromettraient la solution à deux États approuvée par l'ONU.
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