La France doit augmenter ses dépenses de défense pour que les appels à la souveraineté européenne se traduisent par des capacités concrètes, a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul.
"Il évoque régulièrement et à juste titre notre quête de souveraineté européenne", a déclaré Wadephul au sujet du président français Emmanuel Macron lors d'une interview radio lundi sur Deutschlandfunk.
"Quiconque en parle doit agir en conséquence dans son propre pays."
Les nations européennes sont sous pression pour développer les capacités nécessaires à une meilleure défense, face au désintérêt croissant des États-Unis pour la sécurité du continent et à certains doutes quant à la solidité de l'OTAN.
Wadephul a estimé que les progrès réalisés jusqu'à présent étaient insuffisants sur la voie de la concrétisation de l’engagement pris en juin dernier par les États membres de l'OTAN de porter leurs dépenses de défense à 5 % du PIB d'ici 2035.
"Malheureusement, les efforts déployés en République française se sont avérés insuffisants jusqu'à présent pour atteindre cet objectif", a déclaré Wadephul. "La France doit elle aussi s'engager dans des discussions difficiles, comme nous le faisons ici."
L'Allemagne a exempté l'an dernier la majeure partie de ses dépenses de défense des plafonds d'endettement inscrits dans sa Constitution, et les budgets actuels prévoient que Berlin consacrera plus de 593 milliards de dollars (500 milliards d'euros) à la défense entre 2025 et 2029.
Sous pression financière, la France dispose de moins de marge de manœuvre. Le pays affiche le troisième niveau d'endettement le plus élevé de l'Union européenne en proportion du PIB, après la Grèce et l'Italie, soit près du double du plafond de 60 % fixé par les traités européens.










