S’exprimant devant des journalistes à bord de son avion au retour d’Ethiopie mercredi, Erdogan a déclaré que l’Europe devait dépasser ce qu’il a qualifié de barrières idéologiques qui empêchent un rapprochement plus étroit avec la Türkiye.
Il a averti que toute nouvelle architecture de sécurité européenne excluant la Türkiye, dont l’armée figure parmi les forces les plus capables de l’Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), serait incomplète.
“Si l’Europe entend construire un nouveau système de défense, il est évident qu’un dispositif sans la Türkiye serait incomplet”, a-t-il déclaré, ajoutant que les capacités opérationnelles d’Ankara en font bien plus qu’un partenaire “qui se contente de parler autour de la table”.
Amélioration des relations avec l’Afrique
A propos de sa visite en Ethiopie, Erdogan a décrit Addis-Abeba comme une porte d’entrée clé vers un engagement plus large avec l’Afrique et a mis en avant le rôle de la Türkiye dans le renforcement de la confiance régionale, notamment à travers des efforts de médiation entre l’Ethiopie et la Somalie.
Il a affirmé que ce déplacement reflétait la politique de long terme d’Ankara fondée sur un partenariat avec le continent africain basé sur le respect mutuel plutôt que sur l’exploitation.
“La Türkiye n’a jamais eu de passé colonial en Afrique”, a-t-il déclaré, ajoutant qu’en adoptant une approche fondée sur un partenariat d’égal à égal et une diplomatie humanitaire, la Turquie avait renforcé sa position sur le continent.
Stabilité en Syrie et en Iran
Concernant la Syrie, Erdogan a indiqué que la campagne turque pour une région “libérée du terrorisme” progressait avec prudence mais constance, et que les évolutions internes en Syrie commençaient à refléter les priorités sécuritaires d’Ankara.
Il a précisé que les institutions turques surveillaient de près les efforts d’intégration et poursuivaient un travail juridique et politique pour s’attaquer aux racines du militantisme, au-delà de sa seule dimension sécuritaire.
Évoquant les tensions entre l’Iran et les États-Unis, Erdogan a affirmé qu’Ankara qui s’oppose à toute escalade militaire était en contact avec les deux parties.
Il a indiqué s’être récemment entretenu séparément avec les dirigeants iraniens et le président américain Donald Trump, soulignant que le dialogue demeurait la seule voie viable.
“Une nouvelle guerre visant l’Iran ne profiterait à personne. Tant que la diplomatie reste possible, l’espoir demeure”, a-t-il déclaré, avertissant qu’une nouvelle guerre accentuerait l’instabilité régionale.
La Türkiye participera à une réunion pour la paix à Gaza
Concernant Gaza, Erdogan a qualifié la question de “test pour la conscience de l’humanité”, appelant à un cessez-le-feu permanent, à une aide humanitaire ininterrompue et à une relance des efforts en faveur d’une solution à deux États.
Il a annoncé que la Türkiye participerait aux prochaines initiatives de paix et confirmé que le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan assisterait, au nom d’Ankara, à une réunion consacrée à la paix à Gaza.
















