Selon le rapport, 876 signalements ont été enregistrés en 2025, 85 % l’ont été en France. Le collectif met en avant le meurtre d’Aboubakar Cissé, tué le 27 avril 2025 dans une mosquée du Gard alors qu’il priait. Le CCIE estime que cet acte s’inscrit dans un climat général de stigmatisation.
Les données recueillies indiquent que 80 % des victimes signalées sont des femmes. Dans 41 % des cas, les discriminations seraient liées au port du foulard. Au total, l’organisation recense 686 cas de discrimination et 178 agressions physiques.
L’organisation évoque une hausse des violences physiques et une institutionnalisation des discriminations, soulignant que la France demeure le principal pays concerné par les signalements.
Dans son introduction, le président du CCIE affirme que “jamais les discours racistes et discriminatoires n'ont semblé aussi banalisés”, dénonçant leur diffusion croissante dans les sphères politique, médiatique et institutionnelle.

Une tendance observée dans plusieurs pays européens
Le rapport fait également état d’évolutions préoccupantes dans d’autres pays européens.
En Espagne, la municipalité de Ripoll est qualifiée de “laboratoire de l’islamophobie institutionnelle”. En juillet 2025, des violences survenues à Torre Pacheco auraient généré plus de 138 000 messages de haine en ligne en deux semaines.
En Autriche, l’organisation partenaire Dokustelle a recensé 1 336 incidents en 2024, des chiffres publiés en 2025, avec un pic durant la campagne des élections européennes.
Au Danemark, le CCIE dénonce une “conditionnalisation des droits”. Selon l’organisation, l’exercice de certaines libertés dépendrait des positions politiques exprimées par des citoyens musulmans, notamment sur la question palestinienne.
En Belgique, le rapport évoque une “ineffectivité du droit”, estimant que malgré un cadre législatif existant, les victimes rencontrent des difficultés pour obtenir réparation devant les tribunaux.
La haine en ligne pointée du doigt
L’analyse menée via l’Observatoire européen de la haine en ligne (EOOH) indique que 32,63 % des messages racistes étudiés comportent des références religieuses, selon le rapport.
Le CCIE, qui indique faire l’objet de procédures judiciaires pour “maintien d’une organisation dissoute”, appelle les institutions européennes à reconnaître l’islamophobie comme un indicateur de fragilisation de l’État de droit.
Le CCIE est basé en Belgique. Son équivalent français a été dissous en décembre 2020 par le gouvernement à l’initiative de Gérald Darmanin.
L’invitation par un député La France insoumise du CCIE à l’assemblée nationale française en mars 2025 a provoqué une passe d’armes entre députés de l’Union des droites et LFI, les premiers accusant les seconds de ne pas respecter les valeurs de la République en organisant un table ronde avec le CCIE.









