Le point de passage de Rafah, à la frontière entre la bande de Gaza et l’Égypte, a rouvert partiellement ce dimanche 1er février. Cette réouverture, très attendue par la population gazaouie et les organisations humanitaires, intervient dans un contexte de trêve fragile et de tensions persistantes.
Seul point de sortie de Gaza ne dépendant pas directement d’Israël, Rafah constitue depuis longtemps un axe vital pour les civils palestiniens. Sa fermeture prolongée a contribué à l’isolement de l’enclave, aggravant une situation déjà catastrophique sur les plans sanitaire, économique et social.
Une réouverture sous conditions strictes
Le passage de Rafah avait été fermé dans la foulée de l’intensification des opérations militaires israéliennes en mai 2024, privant des centaines de milliers de Palestiniens de toute possibilité de circulation vers l’extérieur. Pendant plus d’un an et demi, seules de rares ouvertures ponctuelles avaient permis l’évacuation de cas médicaux urgents, souvent au compte-gouttes.
Cette fermeture prolongée a eu des conséquences dramatiques, des milliers de blessés n’ayant pas pu accéder à des soins spécialisés à l’étranger, des familles séparées pendant des mois, et l’acheminement de l’aide humanitaire largement insuffisant face à l’ampleur des besoins.
La réouverture annoncée ce 1er février se fait toutefois de manière progressive et encadrée. Selon des sources proches de la médiation, le passage est pour l’instant réservé à des catégories spécifiques de personnes à savoir des blessés nécessitant une prise en charge urgente, des détenteurs de permis spéciaux, et certains ressortissants étrangers ou binationaux. Le mouvement des personnes débutera le 2 février.
Les autorités égyptiennes, en coordination avec des acteurs internationaux, supervisent les opérations, tandis que des contrôles sécuritaires stricts restent en place. À ce stade, le volume des passages sera limité, alimentant les inquiétudes quant à la capacité réelle de Rafah à soulager rapidement la pression humanitaire.
Un enjeu politique et diplomatique majeur
Sur le plan politique, la réouverture de Rafah s’inscrit dans le cadre plus large des discussions autour des différentes phases de la trêve. Elle est perçue par de nombreux observateurs comme un test de bonne foi des parties impliquées et de la capacité de la communauté internationale à faire respecter les engagements pris.
Le Hamas et d’autres factions palestiniennes affirment que la pleine réouverture du passage est une condition indispensable à toute stabilisation durable de la situation à Gaza. Ils appellent à la levée des restrictions et à un accès humanitaire sans entrave, estimant que le maintien de blocages partiels perpétue une crise humanitaire chronique.
Pour les habitants de Gaza, la réouverture de Rafah revêt une dimension profondément symbolique. Elle incarne l’espoir de retrouver une forme de mobilité, d’échapper à l’enfermement et d’accéder à des soins, à des études ou à des opportunités impossibles à envisager durant les mois de fermeture.












