FRANCE
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Procès des assistants parlementaires du FN: Gollnisch admet un “système”
Bruno Gollnisch, ancien vice-président du FN admet une “organisation”, et met à mal la défense de Marine Le Pen lors de son témoignage la semaine dernière dans le procès en appel des assistants parlementaires fictifs.
Procès des assistants parlementaires du FN: Gollnisch admet un “système”
Bruno Gollnisch ce lundi à son arrivée à la Cour d'appel de Paris / AFP
il y a 4 heures

Ce lundi, devant la Cour d’appel de Paris, se tenait Bruno Gollnisch. Vieux compagnon de route de Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch laisse glisser ce que Marine Le Pen a nié la semaine dernière, l’existence d’un système. Au mot système, il préfère le mot “organisation” puis finit par admettre que c’est peu ou prou la même chose.

Le terme de système a été retenu par les juges en première instance pour condamner les cadres du parti d’extrême droite. Les juges ont considéré que le FN avait détourné des fonds publics en faisant travailler à son service des assistants payés par le parlement européen.

Bruno Gollnisch se reprend et explique. Il s’agissait, dit-il, “d’utiliser au mieux” la dotation du parlement européen.

L’universitaire de 75 ans, condamné en première instance à trois ans de prison dont deux avec sursis, a admis que tous ses assistants n’avaient pas uniquement travaillé à son service de député européen. 

En RelationTRT Français - L’avenir politique de Marine Le Pen devant la Cour d’appel de Paris

Il décrit le principe qui faisait loi au sein du Front national, la “mutualisation”. Comprenez le recours aux assistants des uns et des autres mis dans une espèce de pot commun, une fois au siège du parti, une fois sur le terrain des circonscriptions, une fois au Parlement.
Mais ce principe de gestion optimal va à l’encontre des règles du parlement exigent un lien direct et exclusif entre le député et son collaborateur, au service unique de son mandat.

Marine Le Pen, lors de son témoignage au procès, a clamé sa bonne foi: “nous n’avions pas le sentiment d’avoir commis le mondre délit. La présidente du tribunal a déclaré, surprise, que c’était étonnant pour une ancienne avocate.

Trois contrats suspects sont passés au crible

Bruno Gollnisch est mis en cause pour trois contrats suspects. Entre 2009 et 2014, le septuagénaire a employé Yann Le Pen, la sœur de Marine, dont l’organigramme du FN précise qu’elle occupait des fonctions au sein du service des grandes manifestations.

L'ancienne tête pensante du FN admet que Yann Le Pen avait d’autres fonctions dans le parti. La présidente le relance de suite aussitôt: “ vous concédez qu’une partie de son travail bénéficiait au FN ?”. Et  Bruno Gollnisch le concède, ce qui va dans le sens de l’accusation. Dans un courrier interne, Yann Le Pen s’était elle-même plaint de son contrat et de la multiplicité de ses employeurs.



Même s’il prétend que le travail de cette spécialiste de la communication bénéficiait “en priorité” aux députés européens, Bruno Gollnisch admet qu’un contrat à temps partiel aurait été plus légitime.

La secrétaire de Jean-Marie Le Pen était son assistante

Le contrat de Micheline Bruna est tout autant sujet à question. Elle a été assistante parlementaire de Bruno Gollnisch entre 2009 et 2012 (mais aussi d’autres députés européens selon les années), mais elle était dans les faits la secrétaire particulière de Jean-Marie Le Pen. 

Micheline Bruna n’a jamais eu d’autre lieu de travail que la maison familiale des Le Pen,  là où étaient installés les bureaux personnels du fondateur du Front.
Bruno Gollnisch décrit une organisation où tout le monde travaille pour tout le monde, “une logique de pool” où certains assistants d’autres parlementaires travaillaient pour lui, alors que son assistante travaillait pour une autre personne.
L’ancien cadre du parti frontiste déroule la même défense qu’en première instance, celle-là même qui l’a conduit à être condamné.
Le parti est harcelé, selon Gollnisch

Bruno Gollnisch a tout autant du mal à justifier le contrat de Guillaume L’Huillier, homme qui dans l’organigramme du parti avait le titre officiel de directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen.
Il dit disposer de preuves de son travail en tant qu’assistant parlementaire et qu’elles sont à son domicile. La justice n’a jamais reçu ces preuves malgré plusieurs années de procédure.

En fin d’audition, Bruno Gollnisch dénonce une instruction longue, un harcèlement de la justice envers son parti.  

Il termine en admettant que le parti aurait peut-être dû agir différemment. Ce témoignage d’un ancien cadre fait écho à un autre procès qui s’est terminé ce lundi.
Le maire d’Orange a été condamné à 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire ainsi que la députée Marie-France Lohro, pour emploi fictif. Yann Bompard était déclaré comme son assistant parlementaire entre 2021 et 2023 alors qu’il était déjà maire d’Orange.

Le procès en appel des assistants parlementaires du Parlement européen durera jusqu'à mi-février. Marine Le Pen y joue son avenir politique puisqu’elle a été condamnée en première instance à 5 ans d’inéligibilité. 

SOURCE:TRT français et agences