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Rubio: les États-Unis ne cherchent pas à se séparer de l’Europe, mais à “revitaliser” leur alliance
Le secrétaire d’État américain a tenté de rassurer une Europe inquiète, déclarant que Washington souhaitait “revitaliser” l’alliance transatlantique afin qu’une Europe forte puisse aider les États-Unis dans leur mission de “renouveau” mondial.
Rubio: les États-Unis ne cherchent pas à se séparer de l’Europe, mais à “revitaliser” leur alliance
Rubio a réitéré la position de l’administration Trump selon laquelle l’immigration “déstabilise les sociétés”, / Reuters
il y a 10 heures

“Nous ne cherchons pas à nous séparer, mais à revitaliser une vieille amitié et à renouveler la plus grande civilisation de l’histoire humaine. Ce que nous voulons, c’est une alliance revigorée”, a déclaré Rubio lors d’une conférence sur la sécurité à Munich samedi.

“Nous voulons que l’Europe soit forte. Nous croyons que l’Europe doit survivre”, a-t-il ajouté, affirmant que le continent et les États-Unis sont “faits pour être ensemble”.

Les États-Unis seront “guidés par une vision d’un avenir aussi fier, aussi souverain et aussi vital que le passé de notre civilisation. Et si nous sommes prêts, si nécessaire, à agir seuls, notre préférence et notre espoir sont de le faire avec vous, nos amis ici en Europe ”, a-t-il poursuivi.

Le discours de Rubio a marqué un net contraste avec celui du vice-président américain JD Vance un an plus tôt, lorsqu’il avait utilisé la même tribune pour attaquer les politiques européennes en matière d’immigration et de liberté d’expression, choquant les alliés européens.

Rubio a réitéré la position de l’administration Trump selon laquelle l’immigration “déstabilise les sociétés”, mais a largement évité les thèmes polémiques du mouvement MAGA et des guerres culturelles qui, selon le chancelier allemand Friedrich Merz, ont creusé un “fossé” entre les États-Unis et l’Europe.

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“L’Europe doit moins dépendre des États-Unis pour sa défense”

Échaudés par les ambitions de Trump sur le Groenland et ses commentaires souvent hostiles envers les alliés traditionnels des États-Unis, les dirigeants européens réunis à la Munich Security Conference ont promis d’assumer une plus grande part du fardeau de la défense commune au sein de l’OTAN.

Plusieurs responsables ont insisté sur l’importance de cette évolution pour l’Europe. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a déclaré qu’”une Europe forte au sein d’une OTAN forte signifie que le lien transatlantique sera plus fort que jamais".

Le président français Emmanuel Macron a estimé, vendredi, que “c’est le bon moment pour une Europe forte”, “claire dans son soutien à l’Ukraine” et “construisant sa propre architecture de sécurité”.

“Cette Europe sera un bon allié et partenaire pour les États-Unis d’Amérique”, a-t-il affirmé.

Vendredi, Friedrich Merz a lancé un appel à Washington: “réparons et ravivons ensemble la confiance transatlantique”.

Les tensions se sont encore accrues le mois dernier lorsque Trump a intensifié ses menaces d’annexer le Groenland, territoire autonome du Danemark, membre de l’OTAN, poussant les nations européennes à protester fermement.

La guerre Russie-Ukraine au centre des discussions

“Nous ne savons pas si les Russes sont sérieux dans leur volonté de mettre fin à la guerre. Ils disent que oui. Nous allons continuer à le vérifier”, a fait savoir Rubio ce samedi.

La réunion de haut niveau à Munich, réunissant chefs d’État, diplomates et responsables de la défense et du renseignement, intervient alors que la guerre entre la Russie et l’Ukraine s’apprête à entrer dans sa cinquième année.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, présent à Munich depuis vendredi et ayant rencontré plusieurs alliés, devait s’exprimer samedi. Aucun responsable russe n’a été invité.

À la Maison-Blanche vendredi, Trump l’a exhorté à “avancer” pour mettre fin au conflit. “La Russie veut conclure un accord… Il doit avancer”, a fait valoir le dirigeant américain.

Selon une source au sein du gouvernement allemand, Merz et Rubio se sont rencontrés vendredi en marge de la conférence pour discuter de l’Ukraine, de l’état des négociations avec la Russie et du soutien supplémentaire au pays, notamment en matière d’aide militaire.

Ils ont également évoqué le rôle de l’Europe au sein de l’OTAN, et “Rubio a salué les mesures prises par l’Allemagne pour renforcer l’alliance”, a ajouté la source.

Rubio: l’ONU ne joue “aucun rôle” dans la résolution des conflits

Rubio a également affirmé que l’ONU n’avait joué “pratiquement aucun rôle” dans la résolution des conflits et a appelé à une réforme des institutions mondiales.

“Les Nations unies ont encore un potentiel immense pour être un instrument au service du bien dans le monde. Mais nous ne pouvons pas ignorer qu’aujourd’hui, sur les questions les plus urgentes auxquelles nous sommes confrontés, elle n’a pas de réponses et n’a pratiquement joué aucun rôle. Elle n’a pas pu résoudre la guerre à Gaza.”, a-t-il déclaré à la Conférence de Munich sur la sécurité.

SOURCE:TRT français et agences