Ce prêt est présenté par GCT comme un levier de réhabilitation technique et environnementale. La population y voit, elle, un choix politique, celui du maintien du complexe sur son site actuel. Une ONG locale Stop Pollution demande, elle, le démantèlement de l’usine.
La crise environnementale à Gabès (sud de la Tunisie), qui a connu des dizaines de manifestations, est venue percuter la politique de développement de la filière du phosphate voulue par les autorités actuelles. Le 5 mars 2025, un programme quinquennal a été validé, consacrant l’option de la réhabilitation des unités existantes pour multiplier par 5 le volume de production d’ici cinq ans.
Une rénovation coûteuse
Le choix de la réhabilitation d’unités mises en service depuis 1972, et dont l’usure structurelle est avérée, pourrait se révéler coûteuse, estime Houcine Rhili, expert en développement et en gestion des ressources à la Faculté des sciences de Tunis, dans Business News.
Il souligne également que le stockage à ciel ouvert sur le littoral de Gabès du phosphogypse, déchet de la production de phosphate qui, selon les normes internationales, est un déchet à risque élevé, est problématique, notamment pour la biodiversité dans le golfe de Gabès.
Un rapport environnemental a été remis en janvier au président tunisien, notamment sur la question de l’usine de Gabès. Les habitants de Gabès se plaignent de problèmes respiratoires, montrent un taux élevé de maladies osseuses et de cancers et ont manifesté plusieurs fois depuis l’automne.













