FRANCE
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Traditionnel discours du Nouvel an du président français : des vœux atones
Emmanuel Macron a livré son traditionnel discours du Nouvel an hier soir. Aucune annonce surprise, le président français a tout juste promis une année 2026 "utile".
Traditionnel discours du Nouvel an du président français : des vœux atones
Emmanuel Macron, le président français, a présenté ses voeux 2026 mercredi à 20H00 / AFP
il y a 2 heures

Les vœux du président étaient solennels, il a insisté sur le fait que 2026 est sa dernière année pleine en tant que chef de l’Etat, l’élection présidentielle a lieu en effet en 2027.

il a annoncé une année utile pour 2026 avec trois “grands chantiers” dont le service militaire volontaire, sorte de nouveau service militaire et bébé du président. S’y ajoutent le projet de loi interdisant les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, et la loi sur la fin de vie qui, à cause de la dissolution de l’Assemblée en 2024 et les gouvernements censurés, n’a toujours pas été votée. 


Le président a aussi commenté l’instabilité politique. Il a enjoint le Premier ministre Sébastien Lecornu et le Parlement à s'atteler "dès les premières semaines de l'année" à "bâtir des accords" pour "doter la Nation d'un budget", après que gouvernement, socialistes et bloc central ont échoué à se mettre d'accord à la fin décembre.
Comme pour rassurer les Français qui s’inquiètent de l’instabilité politique, il a assuré qu’il resterait engagé “jusqu’à la dernière seconde” de son mandat en 2027.

A 16 mois de l’élection présidentielle, le chef de l’Etat français est apparu diminué, effacé, par rapport à d’autres années. C’est en effet un président sans majorité, contesté, impopulaire qui paye toujours la dissolution ratée de 2024. Il y a ainsi eu un appel au boycott du discours du président sur le réseau X.

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Il a promis de "tout faire" pour que la présidentielle de 2027 se déroule le plus sereinement possible" et "à l'abri de toute ingérence étrangère".
"Notre histoire nous enseigne que nous pouvons tout relever, tout affronter si nous savons rester unis", a rappelé le président français.

Plus à l’aise sur la défense européenne

Sur les dossiers internationaux, pré carré du président, Emmanuel Macron s’est félicité que l'Europe de la défense soit mise en œuvre face la guerre en Ukraine, il a aussi appelé à "l'accélérer". C’est en effet un idée qu’Emmanuel Macron a martelé depuis le début de la guerre en Ukraine. 

Dès le 6 janvier à Paris, les principaux alliés de l'Ukraine "prendront des engagements concrets pour protéger l'Ukraine et assurer une paix juste et durable sur notre continent", a-t-il assuré, sans plus de précision.

En un mot, un discours qui ne distingue par aucune annonce grandiose. Les réactions ont été cinglantes. Ainsi, Sarah Knafo du parti d’extrême-droite Reconquête, a parlé de discours “pas intense” et “rédigé avec Chat GPT”.

Réactions moqueuses

Même un ancien ministre n’a pas hésité à l’étriller. “Emmanuel Macron souhaite que l’année 2026 soit utile. On ne peut qu’y souscrire. Encore faudra-t-il pour cela ne pas sacrifier l’avenir au présent. Ce sera tout le défi des mois à venir. J’y prendrai toute ma part”, a écrit Bruno Retailleau, président des Républicains, sur X. 

Laurent Jacobelli, député et membre du RN a évoqué “des vœux crépusculaires, résonnant comme la piteuse fin politique d’Emmanuel Macron qui a été incapable de protéger les Français face à l’insécurité, à l’immigration incontrôlée et à l’érosion de leur pouvoir d’achat”.

A gauche, Jean-Luc Mélenchon de La France insoumise parle de président endormi. “Qui se sent concerné par cette litanie d'annonces déjà cent fois trahies et de mots vides ? Lui-même semblait prêt à s'endormir en parlant. Quelque chose est cassé en lui et avec le pays”.

L’écologiste Marine Tondelier, elle, a du mal à commenter le discours d’Emmanuel Macron. “On peine à trouver les mots suite à cette allocution où le président semble lui-même avoir lâché l’affaire”.

La presse n’est guère plus tendre. 2026 sera peut-être utile comme le président le promet, mais un test attend le président Macron en 2026 en tout cas pour l’avenir de son parti Renaissance : les municipales de mars pourraient soit l’affaiblir encore, soit le stabiliser.

SOURCE:TRT français et agences