Le pays des Balkans a rejoint l’Union européenne en 2007 et est entré dans la “salle d’attente” de la zone euro en 2020, aux côtés de la Croatie, qui a adopté la monnaie unique en 2023.
La Bulgarie a rempli les quatre critères de Maastricht requis pour l’adoption de l’euro : stabilité des prix, finances publiques saines, stabilité du taux de change et convergence des taux d’intérêt à long terme.
Bruxelles et Sofia considèrent cette étape comme un “jalon historique” destiné à renforcer la stabilité économique du pays, stimuler le commerce et l’investissement, et ancrer davantage la Bulgarie au sein de l’UE.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé que l’euro apporterait à la Bulgarie “davantage de commerce, davantage d’investissements et des emplois de qualité”.
Cependant, cette transition intervient dans un contexte de crise politique prolongée, marqué par sept élections législatives en quatre ans, des accusations persistantes de corruption et une érosion de la confiance du public dans les institutions de l’État.
Une opinion publique divisée
L’opinion publique reste profondément partagée sur l’euro. Une récente enquête du ministère des Finances indique que 51 % des Bulgares soutiennent l’adoption de la monnaie unique, tandis que 45 % s’y opposent.
L’opposition a été amplifiée par des manifestations menées par le parti d’extrême droite Revival, qui affirme que l’adoption de l’euro “alimentera l’inflation et érodera la souveraineté nationale”. En juin, des députés de ce parti ont bloqué la tribune parlementaire et des échauffourées ont éclaté lors des débats sur l’entrée dans la zone euro.
Les craintes d’une hausse des prix demeurent largement répandues, en particulier parmi les ménages à faibles revenus, les communautés rurales et les personnes âgées.
Hausse du coût de la vie
Avec un salaire mensuel moyen d’environ 1 250 euros (1 467 dollars) et alors que la Bulgarie se classe en 2024 comme le pays de l’UE ayant le PIB par habitant le plus faible — 34 % en dessous de la moyenne européenne — de nombreux Bulgares redoutent de ne pas pouvoir absorber une augmentation du coût de la vie.
Les institutions européennes affirment qu’il n’existe aucune preuve que l’adoption de l’euro entraîne une inflation durable et se sont engagées à mettre en place des garde-fous stricts, notamment l’affichage des prix en double monnaie et un contrôle renforcé, afin d’empêcher des hausses de prix injustifiées.
Les partisans estiment que l’adhésion à la zone euro permettra de réduire les coûts d’emprunt, d’améliorer la notation de crédit de la Bulgarie et de bénéficier à des secteurs clés comme le tourisme, qui représente environ 8 % du PIB.
Néanmoins, des analystes avertissent que la poursuite de l’instabilité politique pourrait compromettre les gains économiques attendus. En décembre, le gouvernement du Premier ministre Rosen Zhelyazkov a démissionné après plusieurs semaines de manifestations massives contre la corruption. De nouvelles élections sont attendues début 2026.








