FRANCE
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Fréjus: un surveillant de lycée victime de harcèlement raciste, aucune sanction contre les auteurs
Un assistant d’éducation du lycée Gallieni, à Fréjus, a été harcelé pendant plusieurs mois par des appels à caractère raciste. Après avoir porté plainte, aucune sanction n’a été prise à l’encontre des auteurs et son contrat n’a pas été renouvelé.
Fréjus: un surveillant de lycée victime de harcèlement raciste, aucune sanction contre les auteurs
Vue du lycée Gallieni à Fréjus / Crédit : site officiel du lycée / TRT Français
il y a 3 heures

Selon les informations recueillies par Nice-Matin, recruté en octobre 2024, Nathan, assistant d’éducation d’origine vietnamienne, explique que les faits ont débuté le 18 mars 2025, à la suite d’une soirée organisée dans l’établissement. 

“J’ai commencé à recevoir des appels en numéro masqué. Au bout du fil, la personne imitait un fort accent asiatique et simulait des prises de commandes de sushis. Je raccrochais en disant clairement que c’était du racisme et que ça ne me faisait pas rire. Dès le premier soir, j’ai reçu une bonne dizaine d’appels”, raconte-t-il. 

Pensant d’abord à des élèves, il informe ses collègues via un groupe WhatsApp interne. Les appels se poursuivent toutefois pendant près de trois mois. Le 21 mars 2025, il dépose une première plainte contre X à la gendarmerie. 

“À ce moment-là, je pensais vraiment que ça venait d’élèves de l’établissement”, explique-t-il.

Le 28 mai 2025, après avoir reconnu selon lui la voix d’une collègue lors d’un nouvel appel, Nathan dépose une seconde plainte, cette fois nominative. 

“À un moment, l’imitation de l’accent était moins marquée et j’ai reconnu sa voix sans aucun doute possible. Je n’ai aucun problème personnel avec elle et je n’explique toujours pas ses agissements”, affirme-t-il.

Selon Nathan, les vérifications techniques menées par la gendarmerie ont permis d’identifier le numéro de téléphone à l’origine des appels. 

“Le gendarme m’a demandé le numéro de cette collègue. À peine avais-je commencé à le donner qu’il m’a confirmé les derniers chiffres. Le numéro correspondait bien”, relate-t-il. L’assistant d’éducation indique avoir alerté la direction du lycée.  

“Ce n’est qu’une mauvaise blague”

“Elle a été convoquée et a reconnu les faits, mais il n’y a eu aucune mesure disciplinaire. On m’a expliqué que ce n’était qu’une mauvaise blague et qu’il n’y avait rien de raciste”, souligne-t-il.

Peu après, Nathan dit avoir été informé que son contrat ne serait pas renouvelé. 

“Quand la direction a appris que j’avais porté plainte, on m’a demandé de signer un avenant pour mettre fin à mon contrat, autrement dit de démissionner, alors que j’étais la victime”, explique-t-il. Il ajoute que la collègue mise en cause a, elle, vu son contrat renouvelé.

La direction aurait justifié cette décision par l’existence d’une activité exercée en parallèle sous le statut de micro-entrepreneur. 

“Ils étaient au courant depuis le début et ça n’avait jamais posé problème jusque-là”, soutient Nathan, qui affirme respecter les conditions légales du cumul d’activités.

Contacté par Nice-Matin, le rectorat indique que “les personnes soupçonnées d’être à l’origine des appels anonymes ont été convoquées par le chef d’établissement afin de rappeler fermement le cadre” et confirme qu’”une enquête est en cours à la gendarmerie”.

SOURCE:TRT français et agences