Une figure de l’opposition tunisienne a été arrêtée samedi lors d'une manifestation de centaines de personnes à Tunis pour dénoncer les atteintes à la liberté d'expression dans le pays, ont indiqué ses avocats.
La manifestation s'est tenue au lendemain de la condamnation en appel d'une quarantaine de personnes, dont plusieurs figures de l'opposition, à de lourdes peines de prison.
La poétesse et militante Chaïma Issa, condamnée à 20 ans de prison vendredi, a été interpellée pendant le rassemblement, ont indiqué ses avocats.
"Des agents en civil l'ont attrapée et poussée dans un véhicule", a raconté l'un d'entre eux, Me Samir Dilou.
"Si elle avait voulu prendre la fuite (après sa condamnation, ndlr), pourquoi aurait-elle manifesté?", a ajouté Me Dilou.
La liberté d’expression menacée
Des ONG tunisiennes et étrangères déplorent depuis 2021 un recul des droits et libertés en Tunisie, berceau du Printemps arabe en 2011.
Des dizaines d'opposants, avocats, journalistes, humanitaires, sont détenus pour des accusations de complot ou en vertu d'un décret sur les fausses informations.

La manifestation de samedi, organisée notamment par l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) et l'organisation Aswat Nissa ("Voix des femmes"), dénonçait un durcissement de la répression visant les voix dissidentes et les défenseurs des droits humains en Tunisie.
"Cette manifestation intervient dans un contexte de répression systématique par les autorités de la liberté d'expression et de la liberté de parole des militants, des journalistes et d'autres", a affirmé Nadia Benhamed de l'ATFD.
"La liberté d'expression et de pensée est notre droit", a-t-elle ajouté.
Manel Othmani, manifestante et militante, a affirmé de son côté ne pas vouloir "renoncer à la liberté d'expression acquise en 2011".
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