2025, ce sont des records d’expulsions locatives, de précarité énergétique, un hébergement d’urgence dépassé et 350 000 personnes sans domicile. Tous les indicateurs se dégradent et la réponse politique est loin d’être à la hauteur. "L'année 2025 a encore été une année noire pour le logement", alerte la Fondation pour le logement des défavorisés (anciennement Fondation Abbé-Pierre) dans son rapport annuel, publié lundi 2 février.
"Après des années d'abandon par l'Etat, le logement est engagé dans une spirale inquiétante", estime la fondation, qui juge "impératif de rehausser l'ambition sociale" de la politique de l'Etat en la matière.
À deux mois des élections municipales (les 15 et 22 mars), la fondation consacre une partie de son rapport au scrutin et à ses conséquences sur les politiques de logement.

La fondation a également étudié le phénomène du mal-logement.
Elle a analysé la situation des personnes hébergées chez un tiers. Près de 600 000 personnes seraient concernées, vivant de manière contrainte dans le logement d’un tiers, faute de logement autonome. “Soumises à une grande précarité, les personnes hébergées chez un tiers – majoritairement des jeunes, des familles monoparentales, des personnes migrantes ou aux ressources très faibles – n’ont ni sécurité résidentielle, ni autonomie et sont exposées à la violence et à l’exploitation”, met en garde le rapport.
La rue tue encore et encore
Mais le nombre de personnes qui n'ont pas de logement personnel est plus élevé encore. Si on comptabilise les personnes qui vivent à la rue, dans un squat ou un bidonville, en hébergement d'urgence ou accueillies chez un tiers", on atteint plus d'1,1 million.
Parmi elles, 350 000 se trouvent sans domicile fixe selon les estimations, identiques à celles de 2024. Un chiffre en hausse par rapport à 2023 (330 000) et qui a plus que doublé en quinze ans (143 000 en 2012). La demande de logement social est énorme avec plus de 2,8 millions de demandeurs en attente.
L'organisme s'alarme des indicateurs qui s’affolent.
La mortalité dans la rue augmente. 912 personnes sont décédées dans la rue selon les chiffres de 2024; ce qui représentait alors +16% en un an, dont 31 enfants de moins de quatre ans.
La précarité énergétique est aussi en hausse: 35% des ménages ont eu froid dans leur logement en 2025, contre 30% en 2024.

Les politiques de logement des communes en question
La Fondation juge avec sévérité le bilan d'Emmanuel Macron à l'Elysée: "l'austérité sert en effet de fil rouge depuis 2017 pour le logement, en particulier pour la politique en direction des personnes défavorisées", estiment les auteurs du rapport, qui évoque en longueur les prochaines élections municipales des 15 et 22 mars.
Les auteurs insistent sur le fait que les communes peuvent à leur niveau trouver des solutions, notamment avec la construction de logements sociaux.
La fondation appelle les maires à respecter la loi SRU, votée en 2000 et qui oblige les communes à atteindre au moins 20 à 25% de logements sociaux.
Le rapport termine par une note inquiète face à la montée des idées d’extrême droite qui constitue une menace pour les personnes mal-logées, à travers la réduction du logement social ou des pratiques discriminatoires.
“Quand les indicateurs du mal-logement se dégradent tous, que la pauvreté et les inégalités atteignent des sommets, (...), après des années de renoncements, il devient impératif de rehausser significativement l’ambition des politiques sociales et du logement.”, alerte Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le logement.











