POLITIQUE
3 min de lecture
Est de la RDC: un an de diplomatie infructueuse
L'arrivée de Donald Trump au pouvoir et la signature des accords de paix de Washington entre Kinshasa et Kigali n’ont pas ramené la paix dans l’est de la RDC.
Est de la RDC: un an de diplomatie infructueuse
Des rebelles du M23 au poste frontière de Goma-Gisenyi Grande Barrier, le 1er mars 2025. / Reuters
il y a 15 heures

Du 25 au 27 janvier 2025, les rebelles du M23 ont pris le contrôle de Goma, la capitale du Nord-Kivu, accentuant les craintes de partition de la République Democratique du Congo.

Un an après, les témoignages concordants font état d’une ville plongée dans l’immobilisme: l'aéroport demeure toujours fermé, tout comme les banques, les services administratifs et judiciaires et les universités. 

Le tissu entrepreneurial local s’est effondré. Les pillages, le système de double imposition et l'économie de prédation sont imposés par les rebelles, regrette le président de la société civile de Goma, Marion Ngavo, interrogé par Radio Okapi, le média de la Monusco (Mission d’observation des Nations Unies au Congo).

Pour les Nations Unies, la crise a provoqué le déplacement de 500 000 personnes et fait au moins 2 900 morts, menaçant d'embrasser toute la région des grands lacs.

Un activisme diplomatique stérile

L'arrivée de Trump au pouvoir a suscité l’espoir d’une résorption rapide d’un conflit vieux d’une trentaine d'années. Un an après, les RD congolais et les habitants de Goma et de l’est de la RDC déchantent. Les rebelles du M23 occupent toujours Goma et semblent même renforcer leurs positions. En novembre dernier, rapporte Jeune Afrique, nonobstant les initiatives de paix, le groupe a fait état de la publication d’une liste de 378 “candidats magistrats” ayant réussi un test de recrutement.

Après une signature préliminaire à Washington le 27 juin 2025 instaurant un cessez-le-feu théorique, suivie le 15 novembre à Doha d'un “Cadre pour un accord de paix global” incluant le gouvernement congolais et le groupe rebelle M23, le processus a atteint son point d'orgue le 4 décembre 2025. À cette date, sous l'égide de Donald Trump, les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont ratifié solennellement l'Accord de Washington, sans effet concret sur le terrain pour le moment. D'où la multiplication d’autres initiatives diplomatiques et l'arrivée de nouveaux acteurs. Ce qui complexifie encore la résolution de la guerre dans l’est de la RDC.

Le processus de Doha

Pour contourner le refus initial de Kinshasa de négocier avec le M23 qualifié de “terroriste”, les diplomates ont aménagé le processus de Doha. C’est un canal parallèle avec le concours du Qatar. Il est facilité par le Président togolais Faure Gnassingbé mandaté par l’Union Africaine, avec pour objectif d’examiner les revendications politiques et l’intégration de la coalition rebelle AFC/M23.

 Processus de Luanda

Contrairement à Doha qui traite des questions entre acteurs congolais, le processus de Luanda soutenu par les États-Unis a trait à la normalisation des rapports entre la RD Congo et le Rwanda. Il prend en compte la principale revendication du Rwanda, au sujet de  la neutralisation des FDLR (les anciens anciens miliciens ayant participé au génocide des Tutsi de 1994) contre le retrait des troupes rwandaises du sol congolais.

Le statu quo est de mise dans l’est de la RDC. Les rebelles renforcent leur présence à Goma. L'équation du gouvernement du président Tshisekedi, qui offre un accès privilégié des États-Unis aux terres rares de son pays contre la paix dans l’est de la RDC, apparaît pour le moment comme un leurre.

Lire aussi: Accord de paix signé entre la RDC et le Rwanda sous l’œil de Trump





SOURCE:TRT Francais