Des images satellites de Téhéran ont révélé que les incendies toxiques, déclenchés par des frappes israéliennes sur des dépôts pétroliers iraniens au cours de la première semaine de mars, ont continué de brûler pendant plusieurs jours, suscitant de vives inquiétudes quant aux risques sanitaires pour des millions d'habitants de la capitale.
Selon un article publié lundi par The Guardian, qui a interrogé directement des habitants et des experts médicaux, les forces israéliennes ont bombardé plusieurs installations le 7 mars, ciblant plus particulièrement quatre sites clés : l'entrepôt pétrolier d'Aghdasiyeh au nord-est, la raffinerie de Téhéran au sud, le dépôt pétrolier de Shahran au nord-ouest et une importante installation de production et de transfert de carburant à Karaj.
D'épais nuages de fumée, résultant de ces frappes, ont enveloppé la ville, libérant des polluants tels que de la suie, des particules de pétrole et du dioxyde de soufre.
Peu après, un orage a déversé sur Téhéran une pluie noire toxique chargée de pétrole, aggravant considérablement la pollution atmosphérique chronique de la ville, déjà exacerbée par l'utilisation prolongée de mazout, un combustible de mauvaise qualité.
Les particules issues des incendies se sont déposées sur toute la ville, recouvrant voitures, routes et toits. Les habitants ont confié au journal souffrir de maux de tête, d'irritations oculaires et cutanées, et de difficultés respiratoires.
Des experts cités dans le rapport ont averti que l'inhalation de cette fumée pourrait accroître les risques à long terme de maladies cardiovasculaires, de troubles cognitifs, de lésions de l'ADN et de cancer.
Des images satellites prises deux jours après les incendies montraient le dépôt de Shahran et la raffinerie de Téhéran toujours en flammes. Si des images de l'Agence spatiale européenne, prises dix jours plus tard, indiquaient que ces incendies étaient maîtrisés, de la fumée et des flammes persistaient au dépôt d'Aghdasiyeh.
Des médecins iraniens ont lancé des avertissements urgents concernant les dangers des pluies acides, conseillant à la population de rester chez elle, de se débarrasser des vêtements contaminés et de porter des masques N95. Alors qu'Israël a revendiqué les attentats à la bombe contre des réservoirs de carburant à Téhéran, le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, a démenti toute implication directe des États-Unis, affirmant qu'il s'agissait de “frappes israéliennes contre des dépôts locaux”.
Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) a souligné la gravité de ces événements, notant que la combustion incontrôlée de pétrole engendre un héritage toxique qui dépasse largement la simple dégradation de la qualité de l'air.
L'agence a insisté sur le fait que les polluants issus de tels incendies de grande ampleur peuvent s'infiltrer dans les sols et les sources d'eau, contaminant potentiellement les nappes phréatiques et pénétrant la chaîne alimentaire par le biais des cultures, ce qui entraîne une contamination environnementale généralisée et des risques sanitaires durables pour des générations.

















