POLITIQUE
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Les États-Unis et l’Iran font preuve de flexibilité sur l’accord nucléaire, selon Hakan Fidan
Dans un entretien accordé au Financial Times, le ministre turc des Affaires étrangères s’est montré prudemment optimiste quant à une relance des discussions entre Washington et Téhéran sur le nucléaire.
Les États-Unis et l’Iran font preuve de flexibilité sur l’accord nucléaire, selon Hakan Fidan
Le ministre turc des Affaires étrangères prudemment optimiste sur la relance de discussions entre Washington et Téhéran sur le nucléaire. / AA
il y a 12 heures

Hakan Fidan a déclaré que les États-Unis et l’Iran montrent des signes de flexibilité dans leurs efforts pour raviver un accord nucléaire. Il a toutefois averti qu’un élargissement du champ des négociations pourrait entraîner un regain de tensions régionales.

Selon lui, Washington aurait indiqué être prêt à assouplir son exigence de longue date demandant à l’Iran de mettre fin à tout enrichissement d’uranium, un point de blocage majeur lors des précédentes négociations.

“Il est positif que les Américains semblent disposés à tolérer l’enrichissement iranien dans des limites clairement définies”, a confié Fidan au Financial Times.

Signataire du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), l’Iran a toujours soutenu que l’enrichissement constituait un droit souverain.

Fidan a indiqué que Téhéran semble prêt à accepter des limites sur les niveaux d’enrichissement ainsi que des inspections strictes, à l’image des dispositions prévues par l’accord nucléaire de 2015.

“Les Iraniens reconnaissent désormais qu’ils doivent parvenir à un accord avec les Américains, et les Américains comprennent que les Iraniens ont certaines limites. Il est inutile d’essayer de les forcer”, a-t-il affirmé.

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Mise en garde contre un élargissement des négociations

Le chef de la diplomatie turque a, toutefois, alerté sur les risques d’une extension des pourparlers au programme balistique iranien et au soutien de Téhéran à des groupes armés dans la région.

“Si les États-Unis insistent pour traiter toutes les questions simultanément… je crains que même le dossier nucléaire n’avance pas… le résultat pourrait être une nouvelle guerre dans la région”, a-t-il mis en garde.

Des discussions indirectes entre émissaires américains et responsables iraniens ont repris la semaine dernière à Mascate, marquant le premier contact depuis que Washington s’est joint à Israël lors de la guerre de 12 jours contre l’Iran en juin dernier.

Les deux parties ont qualifié la rencontre de constructive et ont laissé entendre que d’autres cycles de négociations sont attendus.

Si les anciennes exigences américaines incluaient des restrictions sur l’arsenal balistique iranien et sur son soutien à des groupes comme le Hezbollah et les Houthis, le président Donald Trump a récemment suggéré qu’un accord limité au nucléaire pourrait être  “acceptable”.

Hakan Fidan a précisé que des puissances régionales, dont la Türkiye, travaillent sur des “idées créatives” afin de répondre aux préoccupations sécuritaires plus larges sans compromettre le volet nucléaire.

Il a souligné que le rétablissement de la confiance entre l’Iran et ses voisins sera indispensable à tout accord durable.

“Il existe un important déficit de confiance avec les pays de la région, et il est essentiel de traiter cette dimension”, a-t-il conclu.

SOURCE:AA