Un présentateur de la chaîne libanaise Al-Manar a été tué lundi lors d’une frappe israélienne sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban, selon le Hezbollah et des sources officielles libanaises.
Dans un communiqué, le Hezbollah a qualifié la mort d’Ali Nour al-Din d’”assassinat perfide”, estimant que cette attaque illustre “le danger des escalades israéliennes prolongées au Liban, susceptibles de s’étendre au milieu médiatique”. La chaîne Al-Manar a confirmé le décès de son ancien présentateur, précisant qu’il avait longtemps travaillé comme animateur de programmes religieux.
Le ministre libanais de l’Information, Paul Morcos, a condamné la frappe israélienne sur les réseaux sociaux, affirmant que ces attaques “n’épargnent ni les journalistes ni les équipes médiatiques”. Il a exprimé la solidarité du gouvernement avec la “famille des médias” et appelé la communauté internationale à “assumer pleinement ses responsabilités” afin de mettre fin aux violations répétées et de garantir la protection des professionnels de l’information au Liban.
Deux morts dans un raid près de Nabatiyé
Plus tôt dans la journée, le ministère libanais de la Santé avait indiqué qu’une personne avait été tuée lors d’une frappe aérienne israélienne à Tyr, sans en révéler immédiatement l’identité. Le ministère a également fait état de deux autres morts dans une frappe distincte à Kfar Rumman, près de la ville de Nabatiyé, dans le sud du pays.
L’armée israélienne a par la suite reconnu avoir tué Ali Nour al-Din, qu’elle a présenté comme un membre du Hezbollah, et a indiqué avoir mené une autre frappe dans la région de Nabatiyé contre deux personnes supplémentaires. Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions persistantes le long de la frontière libano-israélienne.
Israël et le Hezbollah avaient conclu en 2024 un cessez-le-feu sous médiation américaine, mettant fin à plus d’un an de combats qui avaient donné lieu à des frappes aériennes israéliennes massives sur le territoire libanais. Malgré cet accord, les opérations militaires israéliennes se poursuivent régulièrement au Liban, tandis qu’Israël maintient des troupes dans cinq positions du sud du pays.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, plus de 350 personnes ont été tuées au Liban dans des frappes israéliennes, selon l’agence de presse AFP. Parallèlement, les autorités libanaises font face à des pressions croissantes des États-Unis et d’Israël pour désarmer le Hezbollah.
Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), au moins six journalistes libanais ont été tués dans des attaques israéliennes depuis 2023, un bilan que d’autres organisations portent à dix. Ces chiffres alimentent les inquiétudes des défenseurs de la liberté de la presse, qui alertent sur la vulnérabilité croissante des professionnels des médias dans les zones de conflit.











