Paris a confirmé mercredi la vente du groupe français LMB Aerospace, qui fabrique des ventilateurs pour les Rafale (avion de chasse français), les hélicoptères Tigre et les sous-marins nucléaires, à la société américaine Loar Group, et a répondu aux critiques que cette vente a suscitées.
Le ministre français de l'Économie a promis "un suivi rapproché" afin de garantir le "maintien en France" des capacités industrielles stratégiques. Cette entreprise est en effet l’un des fleurons de l’industrie d’armement française.
"Le gouvernement a imposé à l'investisseur des conditions strictes de maintien en France et de modernisation des capacités industrielles, indispensables à la poursuite des activités stratégiques de LMB", a réagi le ministère, interrogé par l'AFP.
M. Lescure a précisé devant la presse que l'État français aurait "une +golden share+, une action préférentielle, au capital de LMB", ce qui veut dire que "toute décision stratégique pourra être bloquée par l'État" français.
L'accord prévoit également que "l'entreprise continue à produire en France" et que "les contrats stratégiques soient protégés", a-t-il précisé.
La France promet un droit de regard
Cette vente a fait réagir d’autant que le climat politique est tendu avec les Etats-Unis. Depuis son arrivée au pouvoir Donald Trump a mis à mal l’atlantisme et ses relations avec les pays européens. La France, face aux menaces américaines, prône un développement d’une défense européenne. Cette vente d’un fleuron de l’industrie d’armement française est donc pour le moins étonnante.
Elle intervient également après des ventes discutables de certaines industries françaises. Comme celle du pôle énergie d’Alstom à l'américain General Electric, en 2014, par le ministre de l’Economie d’alors, Emmanuel Macron. Cette cession à l’américain a été suivie par des pertes conséquentes en emplois en France malgré les promesses faites lors de la transaction.

Depuis, la France a racheté l’activité nucléaire de General Electric en 2022, dont les fameuses turbines électriques Arabelle pour relancer l’industrie nucléaire en France.
Des réactions aussi bien à gauche qu’à droite
Le président du Rassemblement national (extrême droite) Jordan Bardella a dénoncé sur X une "grande braderie", au moment où "le réarmement de la France est une nécessité vitale, alors que le monde qui vient remet en cause toutes nos certitudes".
De son côté, la députée La France insoumise (gauche radicale) Aurélie Trouvé a qualifié, sur le même réseau social, de "suicidaire" la décision de faire passer "un industriel stratégique pour la défense et l'aéronautique française entre les mains des USA de Trump".
"On souhaite être ouverts, mais très vigilants. Évidemment, on ne brade pas la souveraineté française, surtout en défense, technologies, santé, ou agroalimentaire, à aucun prix", a réagi Roland Lescure.
LMB, dont le siège social se trouve à Malemort-sur-Corrèze (sud-ouest), réalise 30% de son chiffre d'affaires aux États-Unis. Son PDG, Thomas Bernard, s'est installé aux États-Unis en 2016 pour développer le marché nord-américain de l'entreprise.
Les ventilateurs électriques de LMB équipent l'avion de combat Rafale de Dassault, les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de Naval Group, les hélicoptères Tigre d’Airbus, le char Leclerc et le porte-avions Charles de Gaulle.



















