La mobilisation continue, assure le deuxième syndicat agricole de France, la Coordination rurale (CR) qui organise une montée de tracteurs vers Paris dans les prochains jours. Un grand rassemblement est prévu dans la capitale le 8 janvier prochain.
Bertrand Venteau de la Coordination rurale a annoncé sur la radio France Info que des tracteurs ont déjà franchi la Loire ce lundi et qu’un autre contingent de tracteurs se mettrait en mouvement mardi.
Plusieurs blocages et opérations sont en cours lundi matin. Sur l'A7, un blocage est en cours depuis 6h30 au sud de Lyon et sur l'A43, un blocage est annoncé à Saint-Quentin-Fallavier et sur l'A51, au col du Fau, en direction de Grenoble.
La Coordination rurale continue la mobilisation
Le premier syndicat agricole, la FNSEA est sur la même ligne. Son président, Arnaud Rousseau a déclaré ce dimanche : “quand il n’y a ni vision au niveau européen et national, ni revenu digne, la colère des agriculteurs est logique. “ et le syndicat a appelé ses adhérents à manifester.
Le Premier ministre français a fait plusieurs gestes ce dimanche pour calmer le jeu dans une lettre adressée à tous les syndicats agricoles mais manifestement il n’a pas convaincu. Ainsi, Bertrand Venteau a enjoint dimanche soir les adhérents de la Coordination rurale nationale à continuer la mobilisation : “Ils ne feront rien sur la dermatose nodulaire, rien sur l'accès à l'eau, rien sur le libre échange, rien sur le protectionnisme, rien sur une nouvelle PAC qui garantit des prix rémunérateurs, rien sur les concurrences déloyales intra-européennes, ils ne feront rien à part nous mentir. C'est pour cela que je vous sollicite tous à rejoindre les convois de la liberté agricole française que les CR vont faire converger de toute la France.”
Deux crises parallèles ont déclenché cette nouvelle mobilisation paysanne, l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui, malgré la vaccination effectuée dans tout le sud-ouest, semble progresser et l’accord de libre-échange avec les pays latino-américains du Mercosur dont la ratification par l’UE doit intervenir en janvier.
Sébastien Lecornu promet du “bon sens”
Dans sa lettre aux syndicats agricoles et son interview de dimanche dans les médias régionaux, le Premier ministre assure que le gouvernement est conscient du sentiment d’injustice qui prévaut dans la profession.
"Notre boussole est désormais assumée : mettre fin aux deux poids deux mesures", a-t-il écrit. Il promet de supprimer ou adapter les règles qui pénalisent l’agriculture. Le chef du gouvernement rappelle la simplification des dossiers d’investissements ou des contrôles environnementaux. Il promet également que l’Union européenne ne va pas diminuer le budget de la PAC (politique agricole commune), ces subventions européennes qui sont attribuées aux agriculteurs en fonction du nombre d’hectares ensemencés et selon le type d’agriculture pratiqué.
Il promet qu’il “n’y aura pas un centime de moins pour le revenu agricole. Quant aux accords commerciaux, ils seront combattus à chaque fois qu’ils seront déséquilibrés".
Et pour montrer que le gouvernement entend agir, Sébastien Lecornu annonce des arrêtés dès cette semaine pour suspendre les importations de produits agricoles venant de l’Amérique du sud. "Le principe sera simple : les mêmes normes pour tous, les mêmes contrôles pour tous", promet le Premier ministre.
Les syndicats agricoles dénoncent ces contrats de libre-échange qui permettent l’entrée dans l’Union européenne de produits utilisant des pesticides ou des adjuvants interdits en France et dans l’UE, ce qu’ils considèrent comme une concurrence déloyale.
Le gouvernement français a dénoncé cet accord négocié par la Commission européenne pour ensuite estimer que l’obtention de clauses de protection en cas de concurrence trop forte rendait le tout acceptable. Ce changement de position a déçu les agriculteurs et a conduit à cette mobilisation.
Les éleveurs français ont particulièrement peur de la viande produite en Amérique du sud qui déforeste pour élever des bovins dans des exploitations immenses avec des conditions sanitaires beaucoup moins strictes qu’en Europe.









