L'Iran affirme que les navires de pays non-impliqués dans le conflit sont autorisés à transiter par le détroit d'Ormuz, sous coordination militaire, malgré les perturbations majeures.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré lundi que certains pétroliers seraient autorisés à traverser le détroit d'Ormuz. Araghchi a également précisé que le détroit d'Ormuz ne serait fermé qu'aux "ennemis et à ceux qui soutiennent leur agression".
Par ailleurs, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a également affirmé que "les navires appartenant à des pays non-impliqués dans le conflit étaient autorisés à transiter par le détroit d'Ormuz, sous coordination et avec l'autorisation des forces armées iraniennes", selon les médias locaux.
Ces déclarations interviennent alors que la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran a quasiment paralysé le trafic maritime dans le détroit, immobilisant des pétroliers et d'autres navires et suscitant des inquiétudes quant à l'approvisionnement énergétique mondial.
Environ 20 % du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) par voie maritime transite habituellement par ce passage étroit, ce qui fait de toute perturbation une préoccupation majeure pour les marchés de l'énergie.
Depuis les attaques menées par les États-Unis et Israël il y a plus de deux semaines, l'Iran a ciblé à plusieurs reprises Israël, les bases américaines et les infrastructures énergétiques des pays du Golfe à l'aide de drones et de missiles. Parallèlement, le trafic maritime dans le détroit s'est considérablement réduit, alimentant les craintes d'une crise énergétique mondiale plus vaste.
Cependant, quelques navires ont été autorisés à passer ces derniers jours, ce qui laisse penser que l'Iran pourrait autoriser le transit de manière sélective, notamment pour l'Inde et le Pakistan.
Les marchés de l'énergie sous tension
Les autorités indiennes ont annoncé samedi que deux pétroliers battant pavillon indien et transportant du gaz de pétrole liquéfié (GPL) avaient traversé le détroit d'Ormuz sans encombre tôt samedi matin et se dirigeaient vers des ports de l'ouest du pays.
"Ils ont traversé le détroit d'Ormuz tôt ce matin sans encombre et font route vers l'Inde", a déclaré Rajesh Kumar Sinha, haut responsable du ministère indien des Ports, de la Marine marchande et des voies navigables, lors d'une conférence de presse à New Delhi.
L'ambassadeur d'Iran en Inde, Mohammad Fathali, a également indiqué que Téhéran avait autorisé certains navires indiens à franchir le détroit, à titre d'exception au blocus qui perturbe l'approvisionnement énergétique mondial.
Un pétrolier transportant du pétrole brut semble également avoir franchi le détroit et fait route vers le Pakistan, selon les données de suivi des navires compilées par Bloomberg lundi.
Le pétrolier Aframax Karachi, battant pavillon pakistanais et exploité par la National Shipping Corporation du Pakistan, a achevé sa traversée dimanche et a ensuite été aperçu au large de Sohar, ville portuaire omanaise.
D'autres pays ont également fait état d'exemptions limitées. Des responsables iraniens ont récemment indiqué que les navires battant pavillon bangladais et transportant du carburant pourraient bénéficier d'un passage sûr à travers le détroit si Téhéran en était informé au préalable.
En Türkiye, le ministre des Transports et des Infrastructures, Abdulkadir Uraloglu, a indiqué jeudi qu'un navire turc avait été autorisé à traverser le détroit d'Ormuz après qu'Ankara eut obtenu l'autorisation des autorités iraniennes. Le navire, le Rozana, attendait auparavant près des eaux iraniennes avec d'autres navires turcs.
Malgré ces passages limités, les marchés de l'énergie restent sous tension.
Le prix du Brent s'est maintenu au-dessus de 100 dollars le baril lundi, s'échangeant autour de 104 dollars en début de séance – soit une hausse de près de 45 % depuis l'attaque menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février. Les prix ont même atteint 120 dollars pendant le conflit.
Cette flambée reflète les craintes qu'une perturbation prolongée du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz ne réduise considérablement l'offre mondiale de pétrole et n'accentue la pression sur les gouvernements déjà confrontés à la hausse des prix des carburants.












