Le président Donald Trump avait averti la veille que la guerre contre l'Iran pourrait durer un mois ou plus.
Déjà visée par des missiles iraniens dans les premiers jours du conflit, l'Arabie saoudite a annoncé mardi avoir intercepté huit drones près de RIyad et de la ville voisine d'Al-Kharj.
Deux drones ont touché l'ambassade américaine à Riyad, "provoquant un incendie limité et des dégâts matériels mineurs", selon le ministère saoudien de la Défense. L'ambassade a exhorté ses ressortissants dans la capitale et d'autres villes à se confiner, avant de demander à ses citoyens dans 14 pays de la région, dont l’Arabie saoudite, de quitter la région immédiatement.
Interrogé sur une éventuelle riposte à cette attaque, le président américain Donald Trump a déclaré: "vous le découvrirez bientôt".
L'ambassade américaine au Koweït a annoncé mardi matin sa fermeture jusqu'à nouvel ordre en raison "des tensions régionales".
Alors que le conflit déclenché samedi par les États-Unis et Israël compromet les approvisionnements pétroliers de la planète et fait plonger les Bourses, Trump a évoqué "quatre à cinq semaines" d'opérations militaires, tout en affirmant que Washington pouvait "aller bien au-delà".
Le président américain a également averti qu'il n'hésiterait pas à envoyer des troupes au sol "si nécessaire".
Son allié israélien, Benjamin Netanyahu, a lui évoqué une "action rapide et décisive". "Vous n'allez pas avoir une guerre sans fin", a assuré le Premier ministre israélien lundi soir à la chaîne américaine Fox News.
Six militaires américains ont été tués depuis le début de la guerre samedi, a annoncé lundi le Pentagone.

TV iranienne attaquée
Israël a de son côté étendu ses opérations au Liban, y menant des frappes meurtrières et massives. L'armée israélienne a annoncé mardi matin mener "des frappes simultanées à Téhéran et à Beyrouth".
Selon des images, un gros nuage de fumée s'élèvait mardi matin au-dessus de la capitale libanaise.
La chaîne de télévision libanaise Al-Manar, affiliée au Hezbollah, a dit que ses locaux dans la banlieue sud de Beyrouth avaient été bombardés dans la nuit.
En Iran, l'armée israélienne a affirmé dans la nuit de lundi à mardi avoir "frappé et démantelé" le siège de la radio-télévision publique iranienne (IRIB) dans le nord de Téhéran, mais celle-ci a dit poursuivre ses émissions.
De puissantes explosions ont retenti dans plusieurs quartiers de la capitale iranienne, selon des journalistes.

"Intouchables"
Dans son interview à Fox News, Netanyahu a justifié l'opération en cours par la nécessité de frapper le programme nucléaire iranien avant qu'il ne devienne "intouchable".
Après la guerre de douze jours et les frappes israélo-américaines en juin 2025, les Iraniens "ont commencé à construire de nouveaux sites, des bunkers souterrains qui auraient rendu leurs programmes de missiles balistiques et leurs programmes d'arme atomique intouchables d'ici quelques mois. Si aucune action n'avait été entreprise maintenant, aucune action n'aurait pu l'être dans le futur", a affirmé Netanyahu.
"Et alors ils auraient pu viser l'Amérique. Leur faire du chantage", a-t-il ajouté.
Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a lui déclaré que les États-Unis "aimeraient" voir le peuple iranien renverser son gouvernement, mais que cela n'était pas "l'objectif" de la guerre.
"M. Rubio a admis ce que nous savions tous: les États-Unis sont entrés dans une guerre choisie par et au nom d'Israël. Il n'y a jamais eu de soi-disant +menace+ iranienne", lui a répondu sur X son homologue iranien, Abbas Araghchi.
L’envoyé spécial de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a affirmé sur Fox News que des négociateurs iraniens lui avaient déclaré disposer de 460 kg d’uranium enrichi à 60 %, quantité qui permettrait selon eux de fabriquer 11 bombes nucléaires.
Witkoff a soutenu que l’Iran considérait l’enrichissement nucléaire comme un “droit inaliénable”, tandis que Washington exigeait l’arrêt total du programme nucléaire, balistique et du soutien aux forces alliées régionales.
Selon lui, les discussions ont échoué après deux réunions jugées infructueuses, et une troisième tentative n’a pas permis d’aboutir à un accord.
L'Iran a continué pour sa part à lancer des missiles et drones en direction d'Israël, qui a prolongé la fermeture des écoles, des bureaux et l'interdiction des rassemblements jusqu'à samedi. Des explosions ont été entendues à plusieurs reprises à Jérusalem.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir mené une "attaque à grande échelle" mardi à l'aube contre une base aérienne américaine à Bahreïn. Ils ont affirmé que "20 drones et trois missiles ont atteint leurs cibles" et "détruit le principal poste de commandement de la base".
L'armée américaine, pour sa part, a écrit sur X qu'elle avait détruit les installations de commandement et de contrôle du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne, des capacités de défense aérienne iraniennes, des sites de lancement de missiles et de drones, ainsi que des aérodromes militaires au cours d'opérations soutenues".
Les Gardiens de la révolution ont revendiqué lundi l'attaque d'un pétrolier, présenté comme étant lié aux États-Unis, dans le détroit d'Ormuz, qui sépare l'Iran de la Péninsule arabique.
Un général iranien a menacé lundi de "brûler tout navire" qui tenterait de franchir le détroit, par où transitent 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.












