Un convoi d’environ 90 autocars quitte la France ce dimanche vers la capitale belge, une initiative baptisée “Opération Bruxelles”, destinée à symboliser l’exil de médecins confrontés, selon eux, à des conditions d’exercice de plus en plus contraignantes en France.
Près de 2 500 médecins spécialistes, chirurgiens, anesthésistes et gynécologues-obstétriciens sont concernés.
Conséquence: près de 150 000 interventions médicales et chirurgicales ont été déprogrammées dans la foulée de la grève des médecins libéraux, rapportent des syndicats.
Budget de la Sécurité Sociale en question
Les médecins libéraux dénoncent entre autres un budget de la Sécurité Sociale insuffisant face à des besoins croissants, des mesures permettant aux autorités de baisser "de façon autoritaire" les tarifs de certains actes médicaux, en "contournant" le dialogue social, ou encore une limitation des prescriptions d'arrêt de travail.
Malgré le retrait de quelques mesures contestées de la loi de financement de la sécurité sociale, Ambroise Salin, chirurgien urologue dans une clinique privée à Toulouse redoute dans des déclarations à l’AFP un encadrement des dépassements d'honoraires. "Le taux moyen des honoraires qui sont pris, lorsqu'il y a un complément d'honoraires, il n’est que de 60%", dit-il. "On est très très loin du fantasme, des abus, ou des chirurgiens qui exploitent les patients pour obtenir le plus d'argent", assure Ambroise Salin.Les médecins s'inquiètent de plusieurs dispositifs de la loi de financement de la Sécurité sociale 2026, et de plusieurs textes à venir, comme la loi Garot ou Mouiller, qui visent à réduire les déserts médicaux en encadrant la liberté d'installation des médecins libéraux. Ils redoutent également un encadrement des dépassements d'honoraires. "Nous exerçons obligatoirement avec des dépassements d'honoraires" qui ont augmenté de 5% depuis 2019. "C’est normal et ils continueront à augmenter", a-t-il ajouté, invoquant des exigences de "qualité" et de "sécurité" alors que "pour certains actes, les tarifs Sécurité sociale n’ont pas bougé depuis 1990".
Le conflit intervient dans un contexte de tensions persistantes sur le système de santé, alors que les délais de prise en charge sont déjà élevés dans plusieurs spécialités. Les syndicats affirment bénéficier du soutien d’une partie des patients et appellent à une ouverture de négociations au plus haut niveau de l’exécutif.
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