Les déclarations de l’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, ont suscité de vives réactions dans le monde arabe et musulman. En évoquant la possibilité pour Israël d’étendre son contrôle sur une large partie du Moyen-Orient, le diplomate a déclenché une série de réactions officielles dénonçant une atteinte à la souveraineté des États de la région.
Une levée de boucliers dans le monde arabe et musulman
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Plusieurs États arabes ont dénoncé des propos jugés provocateurs et contraires au droit international.
Dans un communiqué conjoint publié ce dimanche matin, plus d’une dizaine de pays parmi lesquels plusieurs États du Golfe, l’Égypte, et l’Indonésie ainsi que des organisations régionales telles que la Ligue arabe, ont fait part de leur “condamnation ferme” et de leur “vive inquiétude”.
Les signataires ont exprimé leur “rejet absolu de déclarations dangereuses et provocatrices” qu’ils estiment constituer “une menace sérieuse pour la sécurité et la stabilité de la région”.
Avant même cette position collective, plusieurs capitales avaient déjà réagi séparément. L’Arabie saoudite a dénoncé des propos “irresponsables” et “périlleux”, tandis que la Jordanie y a vu “une atteinte à la souveraineté des États de la région”.
De son côté, le ministère égyptien des Affaires étrangères a rappelé qu’”Israël n’exerce aucune souveraineté sur les territoires palestiniens occupés ni sur quelque autre terre arabe que ce soit”.
L’Irak ou encore le Koweït ont, à leur tour, affirmé qu’Israël ne dispose d’aucune souveraineté sur les territoires palestiniens occupés ni sur d’autres terres arabes. Ils ont également averti que de telles déclarations risquaient d’aggraver les tensions et de compromettre les efforts diplomatiques en cours.
L’Iran s’est également associé aux critiques. Par la voix de son ministère des Affaires étrangères, Téhéran a estimé que les déclarations de Huckabee révélaient “la complicité active des États-Unis” dans ce qu’il qualifie de “guerres d’agression expansionnistes” menées par Israël contre les Palestiniens.
Réaction palestinienne
L’Autorité palestinienne a qualifié ces déclarations d’”appel explicite à l’agression contre la souveraineté des États”, affirmant qu’elles contredisent les faits religieux, historiques et le droit international.
Le ministère palestinien des Affaires étrangères a estimé que ces propos constituent un soutien à “la guerre d’extermination et de déplacement” et aux projets d’annexion, rappelant que Gaza et la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, sont des territoires palestiniens occupés selon le droit international.
Le mouvement Hamas a, de son côté, dénoncé des déclarations reflétant “une mentalité coloniale” et un soutien clair aux projets d’expansion et d’annexion, en violation du droit international.
Il a appelé les dirigeants arabes et musulmans ainsi que la communauté internationale à adopter des positions fermes allant au-delà de la simple condamnation, affirmant que la fin de l’occupation et l’établissement d’un État palestinien indépendant sur l’ensemble des territoires occupés, sur la base de la solution à deux États, constituent la seule voie vers une paix juste et globale.
Nommé en avril 2025, Mike Huckabee s’est déjà illustré par des prises de position tranchées sur la question palestinienne, notamment en contestant l’existence d’une identité nationale palestinienne distincte.














