Dans le cadre du plan Trump, un cessez-le-feu est entré en vigueur le 10 octobre après la guerre israélienne génocidaire qui a fait plus de 71 000 morts, majoritairement des femmes et des enfants, et plus de 171 000 blessés depuis octobre 2023.
Bezalel Smotrich s’est exprimé lors de l’inauguration d’une colonie en Cisjordanie occupée, où il a remercié Donald Trump pour ce qu’il a qualifié de “soutien énorme à Israël” et de bonne volonté, selon le journal Haaretz.
Il a également attribué à Trump un rôle dans le retour d’otages israéliens depuis Gaza, mais a estimé que le plan nuisait à Israël et devait être révoqué.
“Gaza est à nous”, a déclaré Smotrich, chef du parti d’extrême droite Sionisme religieux, affirmant que l’avenir du territoire concernait Israël plus que quiconque.
Il a estimé qu’Israël devait imposer une administration militaire, assimilable à une occupation, et “mener la mission à son terme”, a rapporté Haaretz.

Il a aussi appelé au démantèlement d’un centre conjoint de coordination civile et militaire basé dans la colonie israélienne de Kiryat Gat, dans le sud d’Israël, chargé de superviser la mise en œuvre du plan Trump.
Ce centre, créé en octobre par le Commandement central des États-Unis, comprend des représentants de dizaines de pays et d’organisations internationales.
Smotrich a demandé l’exclusion de ce qu’il a qualifié de “pays hostiles”, dont l’Égypte et la Grande-Bretagne, du centre de commandement, selon Haaretz.
Il a exhorté le Hamas à se désarmer et à se retirer de Gaza dans un délai court, avertissant que si ce délai expirait, Israël devrait lancer un assaut total sur Gaza et détruire le Hamas “militairement et civilement”.
Le ministre extrémiste a également appelé à la réouverture du point de passage de Rafah, contrôlé par Israël côté palestinien, avec ou sans l’accord de l’Égypte, et à permettre aux habitants de Gaza de partir chercher un avenir ailleurs, a rapporté Haaretz.
"Conseil de paix"
Donald Trump veut créer un "Conseil de paix" pour œuvrer à la résolution des conflits dans le monde en concurrence avec l'ONU, avec un ticket d'entrée d'un milliard de dollars pour un siège permanent, selon une "charte" dont a obtenu une copie lundi.
La Maison Blanche avait annoncé qu'en vertu du plan pour mettre fin à la guerre israélienne à Gaza soutenu par Washington, un Conseil de paix présidé par Donald Trump serait formé.
Depuis ce week-end, plusieurs pays ont commencé à dévoiler avoir reçu une invitation pour y participer, dont la France, l'Allemagne ou le Canada. Mais aussi bien au-delà des alliés traditionnels des Etats-Unis, puisque le Kremlin a dit lundi que le président russe Vladimir Poutine avait été invité à "se joindre à la composition du Conseil de paix".
Mais le projet de "charte" révèle une initiative et un mandat bien plus vastes que la seule question de Gaza, et semble en faire un véritable substitut des Nations unies.
La mission
"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de ce texte envoyé aux États "invités" à y siéger.
Le texte de huit pages critique d'emblée les "approches et institutions qui ont trop souvent échoué", dans une allusion claire à l'ONU, et appelle à avoir "le courage" de s'en "écarter". Il souligne d'ailleurs "la nécessité d'une organisation de paix internationale plus agile et efficace".
Donald Trump sera le "premier président du Conseil de paix", dont les pouvoirs prévus sont très étendus: il est seul habilité à "inviter" d'autres chefs d'État et de gouvernement à l'intégrer et peut révoquer leur participation sauf en cas de "veto par une majorité des deux tiers des États membres".
Par ailleurs, son mandat s’apparente à une forme de présidence à vie. Il peut se "désigner un successeur" à "tout moment", et ne peut être remplacé qu'en cas de "démission volontaire" ou d'"incapacité" constatée à l'unanimité du "conseil exécutif" de l'organisation, formé à sa propre discrétion.
Si les décisions sont prises à la "majorité des États membres", qui ont chacun "une voix", elles sont aussi "soumises à l'approbation du président", ce qui confère de facto un droit de veto à Donald Trump, qui a aussi la main sur l'agenda.

Quels pays?
"Chaque État membre exerce un mandat d'une durée maximale de trois ans à compter de l'entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président.
Ce mandat de trois ans ne s'applique pas aux États membres qui versent plus d'un milliard de dollars comptant au Conseil de paix au cours de la première année suivant l'entrée en vigueur de la Charte", ajoute le texte, sans plus de précisions.
La Maison Blanche n'a pas publié la liste des pays invités. Plusieurs capitales ont elles fait savoir que leur dirigeant avait reçu un carton d'invitation, sans forcément dire s'il comptait l'accepter ou non.
Donald Trump a confirmé, lundi soir, avoir invité son homologue russe Vladimir Poutine à rejoindre le "Conseil". Moscou a ainsi dit vouloir "clarifier toutes les nuances" de cette proposition avec Washington avant de se prononcer.
La France "ne peut donner suite" à ce stade, a indiqué lundi soir le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, tandis que le gouvernement allemand a exprimé la nécessité de se "coordonner" avec ses partenaires.
En réponse au refus de Paris, M. Trump a menacé lundi soir d'imposer des droits de douane de 200% sur les vins et champagnes français.
Parmi les autres pays qui ont communiqué sur l'invitation à leur dirigeant figurent l'Italie, la Hongrie, l'Albanie, l'Argentine, le Brésil, le Paraguay, l'Égypte, la Jordanie, la Türkiye, la Grèce, la Slovénie, la Pologne ou encore l'Inde.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a aussi été invitée et réserve sa réponse, a déclaré lundi un porte-parole à Bruxelles.
Le roi du Maroc rejoindra le conseil en tant que "membre fondateur", a pour sa part indiqué la diplomatie marocaine.
Selon la "charte" du "Conseil de paix", elle est censée "entrer en vigueur" quand seuls "trois Etats" l'auront signée.


















