L’ONG française MSF n’a pas été accréditée par les autorités israéliennes au 1er janvier 2026, ce qui lui donne 60 jours pour faire appel. Sans changement d’ici le 1er mars, elle pourrait devoir cesser ses activités à Gaza et en Cisjordanie occupée.
“La menace d'Israël de refuser l'enregistrement de MSF et d'autres organisations non gouvernementales internationales est une tentative cynique et délibérée d’empêcher ces organisations de fournir de l’aide à Gaza et en Cisjordanie.” Le communiqué publié mardi par MSF explique qu’Israël viole le droit international en imposant à la population palestinienne une punition collective en leur refusant aide médicale et aide humanitaire.
Après avoir interdit et multiplié les tentatives de discrédit à l’encontre de l’UNRWA, Israël s’en prend aujourd'hui aux ONG opérant à Gaza, avec les mêmes méthodes. Ici, il accuse MSF d’avoir employé un cadre du Jihad islamique, groupe de résistance palestinien. Israël avait accusé l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens d’avoir 9 membres du Hamas parmi son personnel. Même si cette accusation n’a jamais été confirmée par des enquêtes externes, cela n’a pas empêché Israël d’empêcher l’UNRWA de travailler, en détruisant les écoles et les centres de soins qu’elle gère à Gaza, puis en l’interdisant.
MSF nie avoir employé un cadre du Jihad Islamique
MSF réfute les accusations d’Israël à son encontre. “MSF n'emploierait jamais sciemment une personne impliquée dans des activités militaires.”
Israël n’a manifestement pas apprécié le rôle de lanceur d’alerte que plusieurs ONG comme Oxfam, Save the children (Sauvez les enfants) ou MSF et Médecins du monde ont joué pendant la guerre contre Gaza.
MSF défend dans son communiqué sa ligne de communication. Si elle a alerté à maintes reprises sur les frappes aériennes sur les civils, les destructions d'hôpitaux, la mort des enfants tués de balles en pleine tête, la faute ici n’est pas celle de MSF. “La responsabilité en revient à ceux qui commettent ces atrocités, et non à ceux qui les dénoncent.”
Quant à la demande israélienne de se voir communiquer le nom des employés palestiniens des ONG, MSF exprime sa réticence à le faire et s’interroge sur l’utilisation qui sera faite de ces données.
“Dans un contexte où les travailleurs médicaux et humanitaires sont intimidés, détenus arbitrairement, attaqués et tués en grand nombre, exiger la liste du personnel comme condition d'accès au territoire est une mesure injustifiée et scandaleuse, “ conclut MSF.
15 membres de MSF ont été tués par les forces israéliennes depuis octobre 2023 à Gaza.
MSF un acteur clé pour la santé à Gaza
“Actuellement, MSF soutient un lit d'hôpital sur cinq à Gaza et un tiers des accouchements. Cette aide est loin d'être suffisante pour répondre aux besoins des Palestiniens, mais la supprimer aurait un coût terrible” s’inquiète l’ONG.
L’ONG rappelle en outre que l’aide fournie aujourd’hui à Gaza n’est pas suffisante, qu’Israël contrôle la moitié de Gaza et qu’il empêche l’entrée de tentes et de mobile homes malgré les pluies torrentielles et la chute des températures.
Le communiqué se termine par cette phrase : “Autoriser l'aide humanitaire n'est pas une faveur. C'est une obligation en vertu du droit international. Aujourd'hui plus que jamais, les Palestiniens ont besoin qu’on augmente l’aide, pas qu’on la réduise”



















