FRANCE
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À Alger, Ségolène Royal appelle à respecter la souveraineté algérienne
En pleine crise entre la France et l'Algérie, l'ancienne ministre française Ségolène Royal a affirmé mardi à Alger que reconstruire la relation bilatérale était un "devoir" et appelé au respect de la "souveraineté nationale" de l'Algérie.
À Alger, Ségolène Royal appelle à respecter la souveraineté algérienne
Ségolène Royal est en Algérie pour une visite de 5 jours / Crédit : Algeria Press Service / TRT Français
il y a 3 heures

L'ex-candidate à la présidentielle en France, récemment devenue présidente de l'Association France-Algérie (AFA), a été reçue par le président algérien Abdelmadjid Tebboune au début de sa visite de plusieurs jours.

"Je suis très honorée de l'audience que vient de m'accorder monsieur le président Abdelmadjid Tebboune, qui prouve sa volonté de dialogue dès lors que le respect et la considération sont également au rendez-vous", a-t-elle déclaré après la rencontre.

Paris et Alger restent empêtrés dans une crise diplomatique à la suite du soutien apporté, à l'été 2024, par la France au plan d'autonomie "sous souveraineté marocaine" pour le Sahara occidental alors que l'Algérie soutient le mouvement du Polisario.

Depuis, une succession de nouveaux épisodes de crispation sont venus entretenir les tensions.

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"La reconstruction de l'amitié entre la France et l'Algérie est un devoir que nous avons d'abord envers les jeunes générations des deux rives", a soutenu Mme Royal.

"Il faut faire reculer les postures politiciennes, les provocations, les discours qui déchirent de la part de ceux qui ne veulent pas que l'Algérie avance et qui ne veulent pas encore admettre la souveraineté nationale de l'Algérie", a-t-elle ajouté, en disant espérer que les autorités françaises finiraient "aussi par respecter cette souveraineté nationale".

"La mémoire n'est jamais une rente ni une culpabilité héréditaire, c'est une vérité des blessures et des traumatismes qui doivent être nommés, réparés, excusés, sans je ne sais quelle contrepartie", a-t-elle ajouté.

L'ex-ministre a jugé que la France devait restituer des biens culturels et des archives à l'Algérie, et lui transmettre le "dossier complet sur les essais nucléaires dans le Sahara afin de mesurer l'ampleur des dégâts et les réparer".

"C'est ce que je dirai au président Emmanuel Macron à mon retour pour l'inciter à agir en ce sens, comme d'ailleurs il l'avait dit au début de son quinquennat", a-t-elle conclu.

Relance des relations bilatérales

La visite de Ségolène Royal a ainsi ravivé les espoirs d’un possible réchauffement des relations bilatérales autant du côté algérien que du côté français.

Cette initiative intervient alors que les deux capitales cherchent à sortir d’une relation marquée par des tensions récurrentes depuis plusieurs années.

Le fait que l’invitation émane de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie, plutôt que des circuits diplomatiques, a été interprété par la presse algérienne, comme une démarche symbolique de la part d’Alger.

Selon Algérie360, cela témoigne de l’implication croissante des acteurs économiques algériens dans la relation avec la France, pour privilégier des partenariats économiques durables et mutuellement bénéfiques.

Le programme de cette visite de cinq jours, prévoit en outre plusieurs rencontres avec des responsables gouvernementaux et des représentants du monde économique algérien. 

Selon des sources proches du dossier, les discussions devraient porter sur l’amélioration du climat des affaires, le soutien aux initiatives de développement durable et la création d’opportunités pour les entreprises des deux pays.

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Dans cette perspective, la presse algérienne identifie certains secteurs comme prioritaires, notamment l’énergie, l’agroalimentaire, les infrastructures et les nouvelles technologies. 

Les autorités françaises chercheraient à mieux cerner les attentes algériennes, tandis qu’Alger entend attirer des investissements productifs susceptibles de soutenir sa diversification économique.

Ségolène Royal devrait également rencontrer des acteurs de l’entrepreneuriat local, afin de  faciliter l’émergence de projets communs. 

Mais au-delà des aspects économiques, cette visite s’inscrit dans une logique plus large de dialogue politique. 

Le choix de Ségolène Royal à la présidence de l’Association France-Algérie avait déjà été perçu comme un signal d’ouverture en direction d’Alger, en raison de son poids politique et de son engagement de longue date sur les questions de coopération Nord-Sud. 

Sur son compte X, elle résumait ainsi l’esprit de sa démarche, avant même le début de sa visite : “Nous devons la réconciliation aux jeunes des deux rives de la Méditerranée, afin de construire des projets fructueux dans les secteurs productifs porteurs d’avenir”.

Elle n’est d’ailleurs pas la seule figure politique française à plaider pour un rapprochement avec l’Algérie. 

D’autres responsables, comme l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, défendent régulièrement l’idée d’une relation plus équilibrée, fondée sur le dialogue, la reconnaissance des blessures du passé et la coopération stratégique.

SOURCE:TRT français et agences