POLITIQUE
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RDC: vers la fin précipitée de la MONUSCO
Le départ inattendu du contingent sud-africain de la MONUSCO, risque de précipiter la fin de cette mission de paix onusienne et consacrer l'échec des Nations Unies à ramener la paix en RDC.
RDC: vers la fin précipitée de la MONUSCO
Archive. Des Casques bleus de la MONUSCO patrouillent dans l'est de la République démocratique du Congo. / AFP
il y a 3 heures

Après 27 ans de présence, au 31 décembre 2026, il n’y aura plus de contingent sud-africain au sein de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).  Ainsi en a décidé la présidence sud-africaine. Le président Cyril Ramaphosa a informé le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, de la décision. 

En conséquence, la question se pose sur le devenir de la MONUSCO, alors que l’Afrique du Sud, forte de ses 700 soldats était l’un des plus grands contributeurs de troupes à la force onusienne.

Trois ans auparavant, la MONUSCO avait signé avec les autorités de la RDC un plan de retrait "accéléré, progressif, ordonné et responsable" de ses troupes sans donner plus de détails sur le calendrier. 

Le départ de l’un des contributeurs majeurs de la mission de paix en République Démocratique du Congo risque d'accélérer le processus de désengagement de la force onusienne, redoute des observateurs.

Avec la récente occupation de Goma par les forces de l’AFC/ M 23, les besoins de la force onusienne se sont pourtant accrus, dans un contexte budgétaire difficile. 

Depuis l'arrivée de Donald Trump au pouvoir le 20 janvier 2025, la mission fait face à des contraintes financières importantes. Les coupes budgétaires globales atteignent 15 % pour toutes les opérations de paix de l’ONU si elles ne trouvent pas de financements additionnels. De quoi affaiblir davantage la MONUSCO et accélérer son rétrécissement, déclare l’ONU.

Des analyses de sécurité de l’ISS (Institut d’Etudes de sécurité de Johannesburg) redoutent un vide sécuritaire, du fait d’un départ précipité des troupes onusiennes. Une donne qui exacerberait les risques pour les civils, en particulier dans les zones où les groupes armés restent actifs et puissants comme dans le nord-Kivu.

En visite actuellement en RDC, le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Pierre Lacroix, discute avec les autorités de “la mise en œuvre du mandat de la MONUSCO, notamment sur le soutien à un cessez-le-feu permanent”.

Une visite qui s’apparente à la préparation de la sortie de la MONUSCO en RDC selon le politologue Paul-Simon Handy pour qui “ la vraie question n’est plus de savoir si la MONUSCO partira, mais dans quel état elle laissera la RDC “. 

Il conclut en assurant que “la MONUSCO ne survivra pas sous sa forme actuelle (...) La question centrale est désormais de savoir si sa sortie sera maîtrisée ou subie”, alors que la situation dans l’est de la RDC demeure dans l’impasse.

Lire aussi: RDC : Départ de la mission de l’ONU en décembre 2023


SOURCE:TRT Francais