FRANCE
3 min de lecture
Affaire Morandini: des journalistes de Canal+ dénoncent son maintien à l’antenne
Le syndicat autonome de Canal+, +Libres, a dénoncé la décision du groupe de maintenir Jean-Marc Morandini à l’antenne de CNews, malgré la confirmation définitive de sa condamnation par la Cour de cassation pour corruption de mineurs.
Affaire Morandini: des journalistes de Canal+ dénoncent son maintien à l’antenne
Comparution de l'animateur Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs / AFP
il y a 15 heures

La Cour de cassation a rejeté mercredi, le pourvoi formé par l’animateur et journaliste, rendant définitive une condamnation prononcée une première fois en décembre 2022, puis aggravée en appel à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende.

Les faits reprochés à Jean-Marc Morandini concernent l’envoi de messages à caractère sexuel à des mineurs entre 2009 et 2016. À l’issue de cette procédure judiciaire, il a été inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS).

Malgré cette décision de justice définitive, CNews a annoncé le maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne. Cette annonce est intervenue immédiatement après le rejet de son pourvoi par la Cour de cassation.

Le syndicat autonome de Canal+, +Libres, rappelle qu’en 2016, le groupe s’était engagé publiquement à ce que l’animateur quitte le groupe sans indemnité en cas de condamnation.  Un engagement que + Libres demande aujourd’hui de voir respecté. 

Dans un communiqué, le syndicat dit avoir “une pensée pour les victimes de Jean-Marc Morandini”, auxquelles il affirme apporter “son soutien”, ajoutant “regretter profondément la décision prise par le groupe”.

Le syndicat + Libres estime que ce choix a des conséquences importantes pour l’entreprise et évoque notamment “la remise en cause de la crédibilité de notre groupe dans sa politique de responsabilité sociale et environnementale (RSE), une atteinte à son image et un impact sur la fierté d’appartenance des collaborateurs”.

Le communiqué interroge également la cohérence éditoriale de la chaîne : “Comment CNews peut-elle se réjouir d’être la première chaîne d’information en France tout en conservant à l’antenne un animateur-journaliste aujourd’hui discrédité par une condamnation définitive ?”

La présence d’une personne condamnée pour des infractions sexuelles à la présentation d’une émission quotidienne constitue un cas inédit en France. 

En RelationTRT Français - L’Arcom met en demeure CNews pour des propos incitant à la "discrimination"

Ni la convention liant CNews à l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), ni la législation en vigueur ne prévoient explicitement cette situation. 

La justice n’interdit pas à Jean-Marc Morandini d’apparaître sur une antenne de télévision, mais lui interdit de manière définitive l’exercice de toute profession impliquant un contact avec des mineurs.

Protégé par Bolloré

Le syndicat appelle enfin “les salariés du groupe, ainsi que les talents que nous soutenons et les sportifs dont nous racontons les exploits sur nos antennes depuis 41 ans, à faire entendre leur voix face à une situation susceptible de heurter leurs valeurs ou leur conscience”.

En 2016, l’arrivée de Jean-Marc Morandini à i-Télé, alors qu’il était mis en examen pour corruption de mineurs, avait provoqué une grève de trente et un jours. À l’issue de ce mouvement social, une grande partie de la rédaction avait quitté la chaîne, devenue par la suite CNews.

Depuis cet épisode, plusieurs salariés et observateurs estiment que l’animateur bénéficie du soutien de la direction et du propriétaire de la chaîne, Vincent Bolloré.

SOURCE:TRT Français