MONDE
3 min de lecture
Guerre en Iran: le pétrole flambe et dépasse 80 dollars le baril
L'embrasement dans le Golfe et la fermeture du détroit d’Ormuz pourraient faire grimper les prix du pétrole si le conflit se prolongeait.
Guerre en Iran: le pétrole flambe et dépasse 80 dollars le baril
Le pétrole dépasse 80 dollars le baril / Reuters
il y a 3 heures

Le conflit engagé par des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran fait redouter de fortes perturbations dans le cours du pétrole.

Les prix du pétrole ont flambé lundi, dépassant brièvement 80 dollars le baril avant de modérer leurs gains, le conflit engagé par des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran faisant redouter des perturbations de l'offre de brut, alors que les investisseurs s'interrogent sur l'évolution de la crise.

Vers 06H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'envolait de 7,56% à 78,37 dollars. Il avait ouvert à plus de 82 dollars, après le week-end. Le baril de WTI nord-américain gagnait, lui, 7,21% à 71,82 dollars. 

Le détroit d’Ormuz suspendu 

Après l'attaque de deux navires dimanche au large des Émirats arabes unis et d'Oman, l'Organisation maritime internationale (OMI) a appelé les compagnies maritimes à "éviter" la région. Le prix des assurances devient prohibitif, et les principales compagnies ont confirmé suspendre leur passage.

Conséquence: le transport maritime via le détroit d'Ormuz, par où transite environ 20% de la consommation mondiale de pétrole (environ 20 millions de barils par jour), est de facto suspendu.

En théorie, les pays importateurs de pétrole disposent de réserves, les membres de l'OCDE devant maintenir 90 jours de stocks.

Mais "en cas d'interruption prolongée des livraisons via Ormuz, le pétrole brut pourrait rapidement grimper jusqu'à 100 dollars le baril (...) notamment en cas d'attaques contre les installations pétrolières dans la région", prévient Eurasia Group.

La dernière fois que les prix du brut ont dépassé 100 dollars, c'était au début de la guerre en Ukraine, à l'unisson des prix du gaz, contribuant à un cycle inflationniste prolongé. 

L’Iran, un des plus grand producteurs

Réagissant au conflit, l'Arabie saoudite, la Russie et six autres membres de l'alliance de pays exportateurs Opep+ ont augmenté dimanche leurs quotas de production de 206 000 barils par jour pour le mois d'avril.

"Même sans arrêt total de la production, la hausse des primes liées au conflit, les modifications d'itinéraires et la réévaluation des assurances peuvent maintenir les coûts du pétrole et du fret à un niveau élevé", observe cependant Charu Chanana, de Saxo Markets.

Certes, des "infrastructures alternatives au Moyen-Orient peuvent être utilisées pour contourner les flux transitant par le détroit, mais l'impact net demeure une perte effective de 8 à 10 millions de barils d'offre de brut", complète Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy.

L'Iran lui-même figure parmi les dix plus grands producteurs mondiaux avec environ 3,1 millions de barils/jour: des frappes sur ses infrastructures pourraient avoir des conséquences durables.

Dans l'immédiat, les raffineurs chinois seraient particulièrement touchés par une perturbation prolongée des approvisionnements en pétrole iranien, dont ils achètent la très grande majorité. L’Iran représente en effet environ 13% des importations chinoises de pétrole brut par voie maritime.

Et de façon générale, plus de 80% du pétrole et gaz transitant par Ormuz est destiné aux marchés asiatiques, selon l'Agence internationale de l'Energie.

En RelationTRT Français - Pétrole: l’OPEP+ augmente sa production sur fond de tensions dans la région
SOURCE:TRT français et agences