En ce début d'année 2026, le Mali veut surfer sur la bonne tenue des cours de l’or pour engranger le maximum de bénéfices.
Dans la foulée du nouveau code minier adopté en 2023, Bamako vient de s’ajuster. La nouveauté réside dans l'introduction d'un mécanisme de réajustement automatique de la part de l’État, en fonction de l’évolution du prix de l’or sur le marché international.
Cette disposition s’applique aussi aux contrats signés avant l’entrée en vigueur du nouveau texte.

Les autorités estiment que cette réforme permettra au pays de mieux capter les retombées financières de l’exploitation de ses ressources minières. Les tensions géopolitiques actuelles avec notamment la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, en plus de la récente crise sanitaire incitent les investisseurs à se “tourner vers l’or comme valeur refuge”.
D'après le site spécialisé Gold avenue, le kilogramme d’or a atteint des sommets en avril 2025 pour se vendre à 126,85 euros le kilogramme, contre 58,48 euros en juin 2023. Du simple au double en près de deux ans, alors que depuis le début de l'année, l’once d’or (31,10g) se négocie en moyenne à 39 euros.
Embellie des recettes de l’État
En deux ans, les redevances annuelles des sociétés minières dues à l'État sont passées de plus de 306 422 millions d'euros à 545 767 millions d'euros, d'après le ministre malien de l'Économie et des Finances, Alousséni Sanou, cité par Maliweb.
“Nous avons travaillé dans le strict respect de vos orientations, fort de votre soutien politique inestimable et avec la conviction profonde que l'or du Mali doit profiter davantage aux Maliens”, a souligné Alousséni Sanou, lors de la remise le 2 décembre du rapport de mission de la Commission de négociation et de renégociation sur les sociétés minières au Mali.
L’impact financier du nouveau code minier a eu des résultats spectaculaires. Selon les chiffres officiels du ministère des Mines, cette loi a déjà fait bondir de 52,5%, les recettes de l'État issues de l’exploitation minière en 2024. L’or devient ainsi le levier incontestable de la souveraineté économique du Mali.
Un changement pas toujours bien perçu par les multinationales qui exploitent l’or au Mali. Du reste, deux sociétés ont engagé une procédure d'arbitrage devant le Centre international pour le règlement des différends (CIRDI), alors que le conflit avec la multinationale Barrick Gold s’est soldé à l’amiable.
La multinationale a retiré sa demande d'arbitrage en instance devant le Centre international pour les différends relatifs aux investissements, s’engageant à payer les taxes définies par le nouveau code minier. En retour, elle a récupéré ses 400 kilogrammes d’or saisies par les autorités.
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