POLITIQUE
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Groenland : un exercice militaire européen sur fond de tensions avec Washington
L’opération revêt une portée hautement politique dans un contexte de tensions croissantes autour du statut stratégique de l’île.
Groenland : un exercice militaire européen sur fond de tensions avec Washington
Les MAE du Danemark et du Groenland après une réunion à Washington / AP
il y a 7 heures

Plusieurs pays européens, dont la France, participeront à un exercice militaire conjoint au Groenland, territoire autonome du Royaume du Danemark. Présentée officiellement comme une manœuvre de coopération et de préparation aux conditions extrêmes de l’Arctique, cette opération revêt une portée hautement politique dans un contexte de tensions croissantes autour du statut stratégique de l’île.

L’exercice rassemble des forces armées de plusieurs États européens, membres ou partenaires de l’OTAN, et vise à renforcer l’interopérabilité, la capacité de projection en zone polaire et la sécurité collective dans une région de plus en plus convoitée.

Menaces de Trump

Cette démonstration militaire intervient alors que le président américain Donald Trump a récemment ravivé les tensions en évoquant, à plusieurs reprises, la possibilité pour les États-Unis de prendre le contrôle du Groenland. Mercredi, il a fait part de ses doutes quant à la capacité de l’Europe à protéger le Groenland. 

Déjà en 2019, ses déclarations sur un éventuel “achat” du territoire avaient suscité une vive réaction de Copenhague et de Nuuk. Aujourd’hui, ses propos, jugés plus insistants et menaçants, sont perçus en Europe comme une remise en cause directe de la souveraineté danoise et du droit international.

Dans ce contexte, l’exercice militaire européen apparaît comme un signal politique clair, celui d’un soutien affirmé à l’intégrité territoriale du Groenland et au respect des alliances existantes.

Le Groenland occupe une position stratégique majeure, à la croisée des routes maritimes arctiques, à proximité du pôle Nord et au cœur d’enjeux militaires, climatiques et économiques. La fonte accélérée de la banquise ouvre de nouvelles voies de navigation et facilite l’accès à des ressources naturelles considérables, attisant les convoitises des grandes puissances.

Face à la montée en puissance de la Chine dans l’Arctique et à la présence militaire russe, les États-Unis ont renforcé leur attention sur la région. Mais les déclarations de Donald Trump ont suscité des inquiétudes quant à une approche unilatérale et coercitive, y compris à l’égard de partenaires historiques.

Pour les pays européens engagés dans l’exercice, il s’agit à la fois de préparer leurs forces à un environnement extrême et d’affirmer une vision multilatérale de la sécurité arctique. La France, en particulier, a souligné à plusieurs reprises l’importance de préserver la stabilité régionale et de prévenir toute tentative de remise en cause de la souveraineté des territoires arctiques.

Conseil de défense d’urgence à l’Élysée 

Un Conseil de défense extraordinaire a été convoqué pour ce jeudi matin même à l’Élysée par le président Emmanuel Macron afin de faire le point sur deux dossiers internationaux sensibles, notamment les tensions autour du Groenland.

 Il est à noter que les récentes discussions entre les autorités danoises et américaines se sont soldées par un “désaccord fondamental”, selon le chef de la diplomatie du Danemark.

La réunion se penchera également sur les manifestations en Iran et les risques de crise régionale.

 

SOURCE:TRT français et agences