Depuis sa prise de pouvoir par un coup d’Etat en juillet 2023, le général Abdourahamane Tiani, défenseur d'une politique souverainiste, ne cesse de dénoncer l'ancienne puissance coloniale, qu'il accuse notamment de financer les groupes terroristes endeuillant le Niger depuis une décennie.
L'attaque du 29 janvier contre l'aéroport de Niamey avait été revendiquée le lendemain par Daech.
Cette attaque est "inscrit dans un agenda de déstabilisation maladive", a déclaré le général Tiani, vendredi soir dans une interview à la télévision publique.
"Ce n'est un secret pour personne. Notre arrivée (au pouvoir) a créé une situation d'inimitié ouverte entre (le président français Emmanuel) Macron et nous", a-t-il ajouté.

Le lendemain de l'attaque, il avait déjà accusé la France, la Côte d'Ivoire et le Bénin, d'être les "sponsors" des terroristes, ce que les trois pays ont réfuté.
Le général Tiani a affirmé que "l'objectif de l'attaque était de détruire les capacités aériennes de l'armée", mais qu'il n'a pas "été atteint".
Il a également dit que ce raid aurait dû être "suivi de sept autres attaques simultanées dans des localités", dans la région de Tillabéri (ouest) où les groupes terroristes sont très actifs depuis près de dix ans.
Reconnaissant une "faille" dans le dispositif sécuritaire de l'aéroport, il a affirmé que l'attaque avait été "vaillamment repoussée" et que "les forces de défense et de sécurité sont prêtes à relever tout défi".
Uranium
Mercredi, un proche conseiller militaire du président Tiani, le général Amadou Ibro, avait estimé que la France allait "faire la guerre au Niger" et appelé la population à se "préparer" à celle-ci.
Le Niger a rompu ses relations avec Paris depuis juillet 2023 et revendique une politique de souveraineté, en particulier sur ses matières premières, accusant l'ancienne puissance coloniale d'avoir pillé ses richesses.
A ce titre, elle a nationalisé la Somaïr, une filiale du géant français de l'uranium Orano qui a en retour engagé plusieurs procédures judiciaires.
Vendredi soir, le général Tiani a indiqué qu'il était prêt à "envoyer" à la France sa part sur l'uranium trouvé sur le site de la Somaïr, soit une centaine de tonnes, selon lui.
Mais "tout ce qui a été produit par la suite est nigérien et restera nigérien", a-t-il martelé.
Une cargaison de quelque 1.000 tonnes de "yellow cake" (concentré d'uranium) est bloquée à l'aéroport de Niamey depuis plusieurs semaines, en attente d'une potentielle exportation.













