FRANCE
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Municipales en France: les Républicains cèderaient-ils aux avances du Rassemblement national?
L’affaire niçoise Retailleau-Estrosi dépasse le cadre municipal, elle révèle les convergences et les tensions qui pourraient façonner les présidentielles 2027.
Municipales en France: les Républicains cèderaient-ils aux avances du Rassemblement national?
Bruno Retailleau ancien ministre de l'Intérieur et président du parti Les Républicains / AFP
il y a 3 heures

La décision de Bruno Retailleau, président des Républicains, de ne pas soutenir publiquement le maire sortant Christian Estrosi (Horizons), quelques jours avant le second tour à Nice, a provoqué une onde de choc au sein de la droite. 

Interrogé sur BFMTV, Retailleau a expliqué que l’accord national liant LR à Horizons avait été mis à mal par une "campagne délétère" et qu’il appartenait désormais aux Niçoises et aux Niçois de trancher dans les urnes. Il a notamment dénoncé "l’appel à la gauche et au communautarisme" dont il accuse Estrosi. Laissant ainsi le doute sur un soutien tacite à Eric Ciotti, arrivé en tête au premier tout et président de l’UDR (Union des droites pour la République), allié du Rassemblement national.

La réaction d’Estrosi n’a pas tardé: dans un communiqué, il assure découvrir ces propos et juge inconcevable que le soutien face à "l’UDR-RN" soit remis en cause, évoquant l’hypothèse d’un "moment d’égarement". Estrosi, largement distancé au premier tour (31 % contre 43 % pour Ciotti), apparaît fragilisé par cette prise de position publique. 

De son côté, Éric Ciotti s’est empressé de saluer la décision sur X, remerciant Retailleau d’avoir "condamné la campagne délétère" d’Estrosi.

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Le LR fragmenté

Le geste du patron des LR a déclenché une salve de critiques à l’intérieur de son camp. Xavier Bertrand a fustigé "quelle indignité !", tandis que Michel Barnier rappelait le soutien formel de la commission nationale d’investiture des Républicains en faveur d’Estrosi. 

Plusieurs cadres LR, dont la sénatrice Dominique Estrosi Sassone, ont exprimé leur colère: nombreux sont les élus LR sur la liste d’Estrosi, et pour eux, appeler au "front républicain" contre l’extrême droite reste la ligne historique. D’autres membres du parti ont qualifié la campagne niçoise de l’une des plus violentes, pointant notamment l’affaire de la tête de cochon qui a marqué un “avant-après”.

Des soupçons d’entente cordiale

À quelques jours du second tour, l’affaire niçoise dépasse le simple enjeu municipal: elle révèle les convergences et les tensions qui pourraient façonner 2027. Les Alpes-Maritimes, ancien bastion de la droite, sont désormais ciblées par l’extrême droite, effaçant peu à peu la ligne de partage entre électorats.

Bruno Retailleau a tenté d’apaiser les esprits en précisant sur X qu’il ne soutenait pas Ciotti et désapprouvait son rapprochement avec le RN. Malgré ces explications, Horizons a critiqué "une confusion dans la ligne politique des Républicains" et demandé une clarification sur la lutte contre les extrêmes. 

Retailleau a alors réaffirmé son opposition aux alliances formelles avec le RN: tout élu LR concluant une entente avec l’extrême droite s’exposerait à des sanctions. Pourtant, des rapprochements locaux existent déjà et certains élus LR,  comme le sénateur Henri Leroy ou Charles-Ange Ginésy, ont publiquement soutenu Ciotti, illustrant la fracture interne.

Le retrait de la liste de Sarah Khafo (Reconquête) à Paris avant le second tour et son appel à faire gagner la droite dans la capitale, et donc voter pour Rachida Dati, la candidate des Républicains renforce les soupçons de collusion entre les Républicains et l’extrême-droite.

Mercredi soir, lors du débat télévisé sur BFMTV, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire, a attaqué la candidate de droite sur cette question. "Vous ne pourrez pas être élue sans le soutien explicite de l'extrême droite parisienne et nationale, au vu des très nombreux responsables qui vous ont apporté leur soutien, Bardella, [Bruno] Gollnisch, toutes les générations...On dirait le comité de soutien de Marine Le Pen. C'est une faute morale."

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SOURCE:TRT français et agences