L’armée israélienne intensifie ses opérations au Liban, ciblant la capitale Beyrouth et le sud du pays.
Des frappes israéliennes dans le centre de Beyrouth ont fait au moins à au moins 10 morts et 27 blessés, selon un bilan provisoire des autorités, et Israël a aussi commencé à bombarder la région de Tyr, dans le sud du Liban, après avoir lancé un ordre d'évacuation qui a semé la panique. Un bilan précédent faisait état de 6 morts et 24 blessés.
Selon des médias libanais, une frappe a visé sans avertissement un appartement situé dans le quartier central de Zokak el-Blat à Beyrouth, où l'armée israélienne avait déjà attaqué la semaine dernière une succursale de la société financière Al-Qard Al-Hassan, liée au Hezbollah.
Toujours selon des médias locaux, une autre frappe a touché le quartier central de Basta, autre zone densément peuplée qu'Israël avait déjà bombardée lors de la guerre qui l'avait opposée au Hezbollah en 2024.
Le ministère libanais de la Santé a fait état d'au moins six morts et 24 blessés. "Des restes humains ont aussi été retrouvés sur les lieux et leur identité sera déterminée après des tests ADN", a-t-il écrit dans un communiqué.
Plus tard, des journalistes ont entendu une explosion et des images des journalistes ont montré de la fumée provenant d'un autre quartier du centre de Beyrouth, Bachoura, visé par un ordre d'évacuation de l'armée israélienne.
Israël a également annoncé mercredi avoir commencé à frapper des cibles du Hezbollah dans la région de Tyr, "en riposte à des tirs de roquettes” lancés vers Israël.
Les médias officiels libanais ont rapporté des bombardements contre une maison et un complexe résidentiel vide de la ville.
Panique à Tyr
La veille au soir, l'armée israélienne avait semé la panique dans ce port du sud du Liban inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, en annonçant qu'elle allait "agir avec force" et en ordonnant à la quasi-totalité de la population de la ville d'évacuer.
Des habitants ont alors commencé à fuir précipitamment, au milieu d'embouteillages monstres, a affirmé à la presse Bilal Kashmar, coordinateur médias de l'unité de gestion des catastrophes du district de Tyr.
Mercredi, Israël a lancé un avertissement similaire aux habitants de plusieurs villages des environs de Tyr, en prévision d'actions militaires imminentes.
"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos habitations immédiatement et vous rendre au nord de la rivière Zahrani", a écrit sur Telegram le porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Avichay Adraee, en désignant quatre villages près de la ville de Tyr.
De nombreuses familles sont restées dans la région, y compris dans plusieurs camps de réfugiés palestiniens, malgré les précédentes consignes israéliennes d'évacuation de vastes portions de territoires du sud du Liban, a affirmé M. Kashmar.
Environ 11 000 personnes déplacées d'autres parties du sud du pays se sont aussi réfugiées à Tyr et dans les zones alentour menacées, a-t-il ajouté, depuis le début le 2 mars des affrontements entre Israël et le Hezbollah.
Trois soldats de l'armée libanaise, qui est restée à l'écart de la guerre, ont été tués mardi par des frappes israéliennes et quatre autres ont été blessés dans le sud du pays, selon une source militaire.
Condamnant ces attaques, le président libanais, Joseph Aoun, a estimé qu'elles allaient à l'encontre des efforts du pays pour que l'armée, chargée par les autorités de désarmer le Hezbollah, "étende l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire".
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