FRANCE
3 min de lecture
Arrestation du vice-président d'EuroPalestine
Le vice-président de l'association EuroPalestine a été présenté à un juge ce mercredi matin. Son appartement a été perquisitionné mardi à l’aube et il a passé la nuit en garde à vue.
Arrestation du vice-président d'EuroPalestine
Une manifestation a eu lieu mardi soir porte de Clichy à Paris / Others
il y a 2 heures

Nicolas Shashahani, cofondateur et vice-président de la CAPJPO-EuroPalestine a été arrêté à 6h mardi matin par la police à son domicile: l’association EuroPalestine dénonce la mise à sac de la maison et des insultes. Un policier aurait accusé le couple de “ne pas aimer les juifs”, semblant ignorer que Olivia Zemor, son épouse et Nicolas Shashahani sont juifs.

Un rassemblement s’est tenu mardi devant la Direction de la police judiciaire, porte de Clichy à Paris, pour demander la libération de Nicolas Shahshahani.

Dans un communiqué, l’association dénonce un acharnement: “la police de l’État s’acharne de plus en plus contre le mouvement de soutien à la Palestine: accusation d’apologie du terrorisme contre l’Union juive française pour la paix (UJFP), interdictions ou menaces sur plusieurs mouvements, poursuites de syndicalistes, d’élus et de personnalités diverses…”

En RelationTRT Français - Ramadan: Europalestine appelle au boycott des dattes Medjool produites en Israël

À nouveau une accusation d’apologie du terrorisme

Les poursuites reposeraient sur des faits d’”apologie de terrorisme” liés à des propos tenus lors d’une manifestation en octobre 2025. Une accusation qu’Olivia Zemor, présidente d’EuroPalestine rejette catégoriquement: “en vérité, il n'y a rien”, dénonçant “un essai d'intimidation de l'ensemble de la population”.

Elle doit elle même comparaître le 26 mars prochain devant la justice suite à une précédente plainte pour “apologie du terrorisme”.

L’association “Jeunesse Française Juive” serait à l’origine de cette procédure contre EuroPalestine, cette association a déjà porté plainte contre plus de 40 personnes ou entités. Elle défend la politique d’Israël et accuse d’antisémitisme tout individu osant critiquer la colonisation ou la guerre génocidaire à Gaza.

Criminaliser les voix pro palestiniennes


Les militants dénoncent une nouvelle procédure qui vise à criminaliser les voix pro-palestiniennes, ou à tout le moins les intimider.

“Elle montre le décalage répressif de la politique française par rapport aux prescriptions du droit international auxquelles elle se dit pourtant souscrire”, écrit l’Union juive française pour la paix (UJFP) dans un communiqué publié mardi en soutien à EuroPalestine.

La justice a pourtant donné tort à ce type de procédures. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a  considéré que la pénalisation de l’appel au boycott des produits israéliens constituait une atteinte injustifiée à la liberté d’expression; le tribunal de Clermont-Ferrand dans un jugement du 17 septembre 2025 reconnaît que l’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme car la loi pénale étant d’interprétation stricte, la culpabilité d’une personne ne peut reposer sur une interprétation subjective des propos ce qui reviendrait à exclure toute possibilité d’expression dans le débat public d’intérêt général.


Enfin le secrétaire départemental de la CGT du Nord, Jean-Paul Delescaut, condamné en première instance à un an de prison avec sursis pour apologie du terrorisme après la diffusion d’un tract de soutien au peuple palestinien, a été relaxé lundi 2 mars 2026 en appel par la Cour d’appel de Douai.

L’Union juive française pour la paix termine ainsi son communiqué de soutien ce mardi.
“Nous ne nous laisserons pas bâillonner ni enfermer sans résister, même si la violence de la répression ne faiblit pas et alors que les tentatives visant  à nier la réalité du génocide à Gaza se poursuivent dans une France partenaire de ce génocide. L’UJFP est pleinement engagée dans cette résistance.

Vive la Palestine libre !”