AMÉRIQUE DU NORD
3 min de lecture
Les médias américains ripostent après la censure de CNN par Trump
Les grandes chaînes de télévision américaines font bloc lundi autour de CNN après la décision de Donald Trump d'interdire à trois médias l'accès à la Maison-Blanche. Le pool présidentiel a décidé de ne plus suivre le président dans ses déplacements.
Les médias américains ripostent après la censure de CNN par Trump
Hier, la vidéo de l'inauguration d'une aire pour hélicoptère par le président n'avait pas de son

C’est totalement inédit dans le paysage politique américain. C’est vrai qu’un président américain qui interdit plusieurs médias parce qu’ils ne lui sont pas favorables, c’est également inédit.

Hier, en soutien à la célèbre chaîne d'information en continu, quatre membres du "pool" télévisé de la Maison-Blanche - CBS, ABC, NBC et Fox - ont décidé de cesser leur participation à ce dispositif crucial, dans une manifestation de solidarité inédite.

"À partir d'aujourd'hui, le pool télé ne couvrira pas les événements auxquels participera le président", a indiqué Bryan Boughton, représentant de Fox et organisateur de ce groupe de chaînes. La mission du "pool" télévisé de la Maison-Blanche, que CNN aurait dû assurer lundi et mardi, est de suivre le président américain tout au long de la journée tout en distribuant les images dans le monde entier.

Les cinq chaînes citées plus haut assurent cette fonction à tour de rôle.

CNN, Politico et MS Now ont fait appel de la décision de la Maison-Blanche de leur retirer leur accréditation. Les trois médias interdits d'accès à la Maison-Blanche demandent la suspension en urgence de la mesure les visant.

En RelationTRT Français - Tête-à-tête "constructif" entre Emmanuel Macron et Donald Trump à New York

Un président sans le son

L'inauguration lundi par Donald Trump d'une gigantesque plate-forme d'hélicoptère à la Maison-Blanche, l'un de ces chantiers qui lui tiennent à cœur, n'a donc pas été retransmise à la télévision. Le président, sur le départ pour New York où il participera mardi à l'Assemblée générale de l'ONU, a prononcé un petit discours inaudible sur les images enregistrées par les équipes de la Maison-Blanche elles-mêmes.

Plusieurs médias participant au "pool" des photographes de la Maison-Blanche, dont l'AFP, ont de leur côté décidé de retarder la diffusion de leurs clichés jusqu'à minuit lundi.

Parmi eux, le Washington Post et le New York Times, qui ont expliqué dans des communiqués distincts vouloir manifester ainsi leur "soutien" à CNN, MS NOW et Politico.

Comme une ultime provocation, lundi soir, la Maison-Blanche a dévoilé la chaîne télévisée du président, ni plus ni moins. "Trump TV" est le flux vidéo en direct sur YouTube rediffusant en continu d'anciens discours du président.

Et la liberté de la presse?

Le président américain a d'ores et déjà indiqué sur Truth Social qu'il "ferait appel", laissant entendre qu'il attendait une décision favorable aux organes de presse après une première audience prévue mercredi à 15 h 30 à Washington (19 h 30 GMT). Il leur a reproché à nouveau de "n'écrire que de manière négative" sur lui et même de menacer la "sécurité nationale".

Dans leur plainte, CNN, MS Now et Politico estiment, eux, que la décision de Donald Trump constitue une atteinte "directe au Premier amendement" de la Constitution américaine, garantissant la liberté de la presse, et une violation "flagrante de nos principes constitutionnels les plus fondamentaux".

En RelationTRT Français - Washington annonce l’interdiction mondiale des compagnies aériennes iraniennes

Donald Trump avait décidé vendredi de verrouiller "avec effet immédiat" les accès de CNN et MS NOW, ainsi que du média en ligne Politico, accusés d'avoir "accumulé" les couvertures défavorables. Depuis, des journalistes des trois médias sont empêchés d'entrer dans l'enceinte de la Maison-Blanche.

"D'autres médias propagateurs de fausses informations suivront", a menacé le président républicain, en très mauvaise posture politique.

À l'approche des législatives de début novembre, Donald Trump est de plus en plus impopulaire à cause du coût de la vie élevé aux États-Unis et de la flambée du prix du carburant, mais aussi de la guerre qu'il a déclenchée en Iran, à l'issue plus incertaine que jamais.

SOURCE:TRT français et agences